Jean-MarcAttalli Obiou société d'électronique - Ose (Corps)
Culture industrielle
«La culture industrielle devrait faire partie d'un programme poussé par le ministère de la Recherche et de l'Enseignement supérieur et accompagné par les Régions à travers leurs politiques industrielles. En France, les formations initiales sont d'ordre technique, mais ne donnent pas de culture industrielle, avec un enseignement de l'organisation, de l'optimisation des processus, par exemple. Alors que depuis peu on prend conscience que c'est par là que l'industrie française peut devenir plus compétente. Il faut faire en sorte qu'il y ait une réflexion sur l'organisation industrielle, sur l'enrichissement qu'on en tire.»
Développement des territoires
«Pour développer l'industrie sur le territoire, il est nécessaire d'offrir, comme sur le plateau Matheysin, des subventions pour faire baisser les coûts d'implantation dans des régions reculées. Ose a bénéficié d'un accompagnement sur ses premières années pour asseoir son développement, notamment via des loyers modérés sur les bâtiments. Cet accompagnement a été compensé par des investissements de l'entreprise en formation pour des gens sans bagage technique en électronique. Les subventions pour implantations vont dans le sens de l'équilibre ville/campagne, du développement des zones rurales, qui ne peuvent pas vivre uniquement de l'agriculture et du tourisme.»
Politique commerciale mondiale
«La législation est de plus en plus lourde sur les normes, la sécurité et la santé des salariés. Par respect pour les salariés, nous l'appliquons. Mais ça représente des investissements importants et, surtout, des lourdeurs administratives, donc du temps pour le dirigeant et les équipes administratives. C'est un coût que ne supportent pas les entreprises des pays low cost et cela crée donc un gros écart. Il faudrait que les négociations de l'OMC rééquilibrent les choses.»
MichelMeunier président national du Centre des jeunes dirigeants d'entreprise (CJD)
Solidarité «Le Centre des jeunes dirigeants publie son livre blanc intitulé "Objectif Oïkos: 12 propositions pour 2012", destiné à interpeller les candidats et partis politiques en vue des élections présidentielles de 2012. Notre fil rouge, c'est la solidarité. Nos propositions sont pour certaines utopistes, mais tout à fait réalistes et émanent de 18mois de réflexion.
Baisse du coût du travail
«A priori, la première de nos douze propositions qui serait appliquée, ce serait la baisse du coût du travail par le basculement fiscalsur la consommation avec une biotaxe. Cela permettrait de rendre le travail accessible tout en sensibilisant les consommateurs. Nous avons besoin d'emplois et de faire baisser le chômage. Chacun doit faire un effort pour le bien commun. Cela nécessite de s'adapter pour survivre à la réalité. Il faut également supprimer l'argent liquide pour supprimer les maux et les fragilités de la société, et changer de paradigme en y intégrant une couleur écologique. Dans un monde fini, il faut réconcilier écologie et économie.»
Europe
«Nous devons tendre vers des États unis d'Europe car certains sujets, comme le nucléaire, sont à débattre au niveau européen, comme l'ont été les sujets du charbon et de l'acier en leur temps. Nous avons l'Europe de la paix, l'Europe des libres circulations, l'Europe de l'euro. Mais il manque une Europe économique et sociale, une version moderne qui mène à une Europe fédérale, sur le principe de la subsidiarité... et de la solidarité.»
ClaireChabrol
Concept Distri (Vienne)
Exonération de charges
«
Les charges sont trop fortes pour les jeunes entreprises. Il faut donc exonérer de charges salariales la première année de l'embauche les entreprises de moins de dix salariés, et pendant les trois premières années d'existence de la société. Et quel que soit le salaire car je ne vois pas pourquoi seulement le Smic ou l'alternance seraient concernés. Cela permettrait aux jeunes entreprises qui s'organisent d'embaucher plus vite ou des gens plus qualifiés, des salariés qui correspondent mieux à la demande.»
StéphaneMaureau
Evasol (Limonest, 69)
Une charte de la diversité politique
«Une des choses qui nous pollue au quotidien, c'est le manque de diversité du personnel, si ce n'est politique, du moins du personnel présent dans les cabinets ministériels et les conseils d'administration des entreprises du Cac 40. J'imposerais donc une charte de la diversité destinée à avoir des profils plus divers. Ils sont passés trop rapidement des bancs de l'école à des cabinets ou au sein de grands groupes et ne se sont donc pas confrontés à la vie de l'entreprise. Pour eux, elle est théorique. Une des raisons pour lesquelles il n'y a pas assez d'ETI en France est due au fait que l'on est piloté par des gens qui ne connaissent pas l'univers de la PME. Ils sont aussi trop loin de la province.»
Une aide à la rénovation
«En matière d'économies d'énergie, je mettrais en place un dispositif d'incitation franc et massif pour améliorer l'habitat existant. Car la rénovation de l'habitat est le principal gisement de réduction de la consommation d'énergie. On a privilégié le fait de construire mieux, alors que la construction ne représente que 1% du renouvellement de l'habitat en France.»
Soutenir le photovoltaïque
«Je soutiendrais l'investissement dans le photovoltaïque. Le débat en France est complètement biaisé car nous n'avons pas de vision internationale. Près de deux milliards d'habitants dans le monde s'éclairent à la bougie: le photovoltaïque constitue donc un marché gigantesque, un enjeu mondial énorme.»
ElisabethDucottet
Thuasne (Saint-Étienne)
Moins taxer les sociétés
«Si j'étais présidente de la République, la première des mesures que je prendrais, c'est de modifier l'impôt sur les sociétés pour que les investissements industriels soient moins taxés. Cela permettrait de donner enfin les moyens à nos entreprises de réinvestir.»
Favoriser l'innovation
«Dans le même ordre d'idée, je continuerais de développer le crédit impôt recherche pour favoriser l'innovation. Il faut cultiver l'innovation et les investissements industriels, qui ont trop longtemps été laissés de côté. C'est comme ça que l'on contrebalancera les effets dévastateurs pour notre économie des pays à bas coûts. C'est comme ça que l'on consolidera nos implantations locales et que l'on gagnera en compétitivité. C'est particulièrement vrai pour la Loire.»