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Pôles commerciaux : Rennes l'atypique!
Rennes # Commerce

Pôles commerciaux : Rennes l'atypique!

Rennes est une ville très commerçante. Très atypique aussi, notamment par l'importance de son centre-ville. Le développement des pôles commerciaux de la couronne rennaise a toujours été pensé et réalisé dans le but de maintenir un équilibre entre centre et périphérie. Aujourd'hui, les projets des grands pôles sont nombreux. Quel visage Rennes donnera-t-elle à son commerce demain? Virginie Monvoisin

L'agglomération rennaise ne compte pas moins d'une douzaine de grands pôles commerciaux. Chacun semble avoir son rôle. Mais le commerce est vivant, et les évolutions nécessaires, pour faire face notamment aux attentes de consommateurs de plus en plus exigeants et à leurs envies parfois versatiles... Mais face aux demandes de toutes sortes, Rennes garde le cap. Son objectif: développer le commerce autour d'un axe fort, le centre-ville. «Notre leitmotiv, depuis 13 ans, est de ne pas accorder la création ex-nihilo de nouveaux hypermarchés alimentaires», précise Yannick Salmon, responsable urbanisme commercial à la CCI de Rennes. La raison de ce choix: permettre à la capitale bretonne de garder sa particularité en matière de commerce. C'est-à-dire privilégier le centre-ville.




Le centre-ville contre les "grands machins"

Depuis les années 90, c'est l'axe de développement poursuivi par les différentes chartes d'urbanisme commercial. «L'agglomération ne fonctionne pas comme les autres agglomérations de taille équivalente, poursuit Yannick Salmon. Le centre-ville est le premier pôle commercial en terme de chiffre d'affaires. Ailleurs, en général, il existe un gros pôle de 100.000m² de surface de vente, au nord ou au sud de la ville. Toute la réflexion d'urbanisme menée par les autorités locales se fait, encore aujourd'hui, autour de la préservation de l'attractivité du centre-ville contre un "grand machin"». Cette réflexion remonte donc avant la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain). L'agglomération a créé une vraie "ville archipel" depuis plusieurs années. «C'est devenu une notion d'aménagement du territoire à Rennes, souligne François Eveillard, élu de la CCI en charge du commerce et du tourisme. Vous avez une commune (Rennes) une rocade et des communes autour qui ont une connexion avec le tissu urbain (Saint-Grégoire, Pacé, Chantepie, Cesson...)». Après la loi SRU, le Scot reprend à son compte cette notion de "ville archipel". Une ceinture verte autour de Rennes a donc toujours été respectée, et le sera encore dans les années qui viennent.




Le Comité des Présidents veille à l'équilibre

Chaque pôle est bien distinct, et chaque pôle a son rôle commercial. Pour maintenir un certain équilibre et une cohérence dans le développement des autres pôles que le centre-ville, un organe veille au traitement des questions d'aménagement: le Comité des présidents. «Il est composé des chambres consulaires, de la Communauté d'agglomération, des Pays, des EPCI, d'élus, mais aussi de la Maison de la Consommation et de l'Environnement et de l'Union du Commerce», indique François Eveillard. Tous veillent à la juste requalification des pôles.




Onze pôles en mutation

Le deuxième en ordre d'importance par le chiffre d'affaires généré, est celui de Nord-Rocade (Leclerc et Grand Quartier: 310M€). Il est plutôt concentré autour de l'équipement de la personne, et compte également des moyennes surfaces spécialisées non-alimentaires, des activités artisanales et de services. Les autres pôles sont structurés autour des loisirs (Sud Rocade, Betton), de l'équipement de la personne ou de la maison. Enfin, l'autre grande particularité de l'agglomération rennaise est la fameuse Route du Meuble et des Loisirs. «C'est un véritable atypisme, renchérit Yannick Salmon. Ailleurs en France, ce type de concept a vécu, mais ici, il se porte bien!» S'il a encore du succès, c'est en partie grâce à la volonté de ne pas intercaler de l'alimentaire au milieu de ce pôle. «On peut accepter des demandes dans le domaine de l'artisanat ou de l'équipement de la maison seulement». Le paysage commercial rennais est donc déjà bien complet car réfléchi depuis de nombreuses années. «Le Comité des Présidents doit réfléchir dès l'an prochain à l'après 2012, indique Yannick Salmon. Il y aura un nouveau volet commerce dans le Scot au 1erjanvier 2013». Rennes anticipe encore et toujours. «C'est même là la difficulté. Car il faut anticiper en fonction du comportement des consommateurs, qui est parfois difficile à déchiffrer. Or, pour réviser le Scot, il faut prévoir le marché du commerce. Et comme les clients votent aujourd'hui de plus en plus avec les doigts, par les achats sur internet notamment, il faut réfléchir à la manière de les inciter à acheter avec leurs pieds, c'est-à-dire en magasin!».




Le pouvoir du consommateur

Car c'est bien le consommateur qui a le pouvoir aujourd'hui: il a le pouvoir de s'informer et de gérer son temps. «En matière de commerce, la difficulté est aussi de trouver l'originalité qui fera se déplacer le consommateur. Mais nous avons des projets à Rennes quand même pour les pôles existants», précise Yannick Salmon. Pour le moment, Rennes a réussi à sortir de l'opposition traditionnelle centre-ville/périphérie, comme c'est toujours le cas à Nantes par exemple. «On est même sollicités par d'autres villes, comme Toulouse, qui s'intéressent à notre démarche vis-à-vis des pôles», ajoute François Eveillard.

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