Pôle bois du Pilat : Ça sent le sapin!
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Pôle bois du Pilat : Ça sent le sapin!

bois La plateforme de séchage, portée par la communauté de communes des Monts du Pilat et la SCIC Les Bois Transformés du Pilat, pourrait bien ne pas voir le jour.

Donner naissance et faire vivre un pôle bois dans la Loire apparaît décidément bien difficile! Après la liquidation judiciaire du Pôle bois du Haut Forez, le 13avril 2011, c'est désormais le projet porté par la communauté de communes des Monts du Pilat qui semble menacé. Baptisé Les Bois Transformés du Pilat, ce projet de plateforme de séchage et rabotage de sapins, qui devait associer initialement les 550 sylviculteurs du Pilat, les scieries Chorain à Marlhes, Montmartin à La Talaudière et Vray à Saint-Chamond, le charpentier Martigniat à Firminy et le spécialiste du séchage de bois Cogenair à Monistrole-sur-Loire, pourrait finalement ne pas voir le jour.




Une facture revue à la hausse

«Nous sommes aujourd'hui en proie à de nombreuses incertitudes à tous les niveaux. Je ne peux pas vous en dire plus pour l'instant, mais le projet n'est pas loin d'être remis en cause», confirme Jean-François Chorain, président du directoire de la société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) Les Bois Transformés du Pilat. Parmi ces incertitudes, on trouve la question du terrain. Aux dernières nouvelles, la communauté de communes des Monts du Pilat - qui n'a pas souhaité s'exprimer sur ce dossier - n'avait toujours pas finalisé l'acquisition du terrain nécessaire à l'extension de la zone d'activité du Bourg de Marlhes. Terrain censé accueillir la future plateforme de séchage et rabotage. Autres difficultés et non des moindres, les différentes études préalables et notamment celles relatives à la Loi sur l'eau auraient fait apparaître des besoins d'aménagement du dit terrain, qui n'avaient pas été initialement budgétés. «Ces aménagements sont chers et pourraient effectivement alourdir la facture et mettre en péril l'économie même du projet. Mais cette remise en question est plutôt bon signe. Nous avons à faire à des industriels qui ne veulent pas faire n'importe quoi. Ils cherchent des solutions pour réduire cette facture et faire passer le budget», commente Jean-Paul Martel, directeur d'Inter Forêt-Bois 42, qui soutient le projet.





En effet, si le budget d'investissement, estimé à l'origine à 2,52millions d'euros, venait à exploser, «c'est la rentabilité même du projet qui serait remise à cause», explique Jean-Paul Martel.




Une question de rentabilité

«Les industriels sont effectivement inquiets. Avec la crise qui se fait sentir chez les constructeurs de maison en bois, ils se demandent si c'est le bon moment, si l'outil sera rentable», confirme Maurice Bonnand, vice-président de Saint-Étienne Métropole en charge de l'économie agricole et agroalimentaire. Et d'ajouter: «Monsieur Chorain est sans doute un peu trop pessimiste. Ce que je peux vous dire, c'est que le projet tient la route, sous réserve qu'au bout de trois ans, on vende 3 à 4.000 m³ de bois séchés. C'est largement réalisable. D'autant que la communauté européenne oblige désormais à vendre du bois séché». Optimisme ou confiance aveugle, Saint-Étienne Métropole a d'ores et déjà voté une aide de 100.000euros pour la partie immobilière. Une aide qui vient s'ajouter à la subvention de l'État (33%) dans le cadre de labellisation Pôle d'excellence rural, à l'aide du conseil général de la Loire et à celle de la Région dans le cadre du PSADER (plan stratégique agricole et développement rural) de Saint-Étienne Métropole. Au total, c'est près de 53% de l'investissement qui devrait être financé par de l'argent public.

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