PME.La «super-banque» sera au final un guichet unique

PME.La «super-banque» sera au final un guichet unique

La fusion d'Oseo, du FSI et de CDC Entreprise dans une «super-banque» n'est pas pour demain. Mais l'État cherche à clarifier ses soutiens financiers aux PME.

Le mariage d'Oseo, du Fonds souverain d'investissement (FSI) et de CDC Entreprise n'aura pas lieu... en tout cas, pas dans l'immédiat. Selon la Tribune, le gouvernement souhaitait en effet fusionner prochainement ses trois structures dédiées dans une «super-banque» publique dédiée au soutien financier des PME. Chacune des composantes aurait permis de créer une offre intégrée: la garantie des financements bancaires, le cofinancement bancaire et le soutien à l'innovation pour Oseo; l'investissement en fonds propres dans les entreprises prometteuses pour le FSI; le capital investissement pour CDC Entreprise. Finalement, cette structure n'est pas dans les cartons du gouvernement, comme l'a précisé François Fillon devant les entrepreneurs réunis à Paris au prix de l'Audace créatrice. Plutôt qu'une super-banque, il s'agit de mettre en place d'ici à la fin de l'année un interlocuteur unique pour les entrepreneurs du monde des PME. «Nous mettrons en place d'ici la fin de l'année un guichet unique pour l'investissement en fonds propres en région qui coordonnera son action avec des collectivités territoriales», détaille le Premier ministre. L'interlocuteur chargé d'être ce guichet unique sera Oseo. Et pas question de fusion: «Prêter aux entreprises et leur apporter des fonds propres, ce sont deux métiers différents qu'il ne faut pas mélanger, sauf à recréer les anciennes sociétés de développement régional dont chacun se souvient de l'échec retentissant que le contribuable a dû éponger», a poursuivi François Fillon.




«Fausse bonne idée»?

Des propos qui vont dans le sens de plusieurs syndicats patronaux et lobbies, qui n'ont pas exprimé un franc emballement pour le projet de super-banque. Du côté du «think tank» libéral Ifrap, on évoquait ainsi «une nouvelle invention bureaucratique» qui aurait tout de la fausse bonne idée. «La faute est de penser que l'État, à travers ses services, peut réussir comme investisseur. Si l'on se base sur les quelques chiffres dont l'on dispose sur l'investissement public, on s'aperçoit que cela coûte plus cher de créer un emploi avec des fonds de l'État qu'avec des fonds privés», assure t-on à l'Ifrap, où l'on souhaite avant tout la mise en place de soutiens à l'investissement privé. Du côté de Croissance Plus, l'association des PME de croissance, l'idée était jugée «bonne», même si la peur est que ce regroupement administratif (Oseo emploie 1.500 personnes, le FSI une cinquantaine et la CDC, une soixantaine) débouche sur des lourdeurs à court terme, sans compter sur d'éventuels conflits liés à l'intégration des structures. Le Medef et la CGPME sont, eux, restés silencieux sur le sujet.




Plus de coordination

Plutôt qu'une fusion, il est vrai compliquée sur le plan financier, le gouvernement a donc choisi pour le moment le guichet unique. Un premier pas vers davantage de synergies. «L'important, c'est d'améliorer la coordination des outils déjà existants, de donner de la clarté, dans les régions, sur ce qui existe déjà», estime Jean-Claude Vollot, le président non exécutif du conseil de l'Agence pour la création d'entreprise. Une étape en ce sens est donc franchie. Aux entrepreneurs de juger si elle est suffisante.