PME sarthoises : L'export source de développement?
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PME sarthoises : L'export source de développement?

En cette période de crise économique mondiale, nombre de PME sont tentées de se tourner vers l'international en recherchant de nouveaux marchés ou de nouveaux fournisseurs. La période est-elle bien choisie pour se développer à l'étranger? Quels sont les pièges à éviter? Et dans le cadre d'une incursion à l'international, quels sont les modes de financement et d 'accompagnement à plébisciter? Tour d'horizon des démarches et des ressources en Sarthe. Delphine Talvat et Bérengère de Portzamparc

Avec un solde excédentaire de 406millions d'euros en 2008, soit 2.191.949 € d'importations et 2.597.991 € d'exportations, «la Sarthe arrive en milieu de peloton, loin derrière la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire, mais devant la Vendée et la Mayenne», souligne Francis Landier, directeur du service d'appui à l'international à la Chambre de commerce et d'industrie duMans. On assiste à des échanges très croisés puisque les équipements pour automobiles constituent le principal produit importé et exporté, avec l'Allemagne comme premier pays client et fournisseur du département. «Cet échange croisé constitue par ailleurs un point de fragilité puisque pour assurer leur avenir, les PME doivent chercher à se diversifier, et ce au travers de l'innovation et de l'export. Trop d'entreprises hésitantes mettent l'exportation au second plan. 90% des PME qui se sont lancées à l'international en sont pourtant satisfaites. Mais cela demande bien sûr d'y consacrer du temps.»




Phénomènes contradictoires

On peut alors se demander si parallèlement au contexte économique, les démarches à l'international ont connu un certain frémissement en Sarthe ces derniers mois. «Nous avons constaté deux phénomènes contradictoires. Certaines entreprises qui avaient des projets de prospection ou d'installation à l'étranger mettent ces projets en "stand by" en attendant que le vent tourne. Parallèlement, une dizaine de PME nouvellement exportatrices ont essayé de gagner à l'étranger ce qu'elles avaient perdu en France.» Mais l'étranger n'est pas une issue de secours pour toutes les entreprises. «Bien entendu, il faut être compétitif chez soi pour espérer l'être à l'étranger. On ne peut s'y refaire une santé. Le développement à l'international n'est pas une solution à court terme. En revanche, à moyen et long terme, cela peut constituer une solution pour assurer le développement et la pérennité d'une entreprise.» Un avis partagé par Thierry Quillet, vice-président de Sarthe International et par ailleurs directeur général de Souriau (cf. Rencontre en dernière page). «L'export peut effectivement constituer un bon levier de croissance en période de crise mais avant d'y penser, il faut d'abord avoir un bon produit, un bon service et une bonne technologie sur son territoire. Se développer à l'international peut permettre d'aller chercher des technologies que l'on a déjà mais dans des zones à bas coûts. À partir de là peuvent naître des idées pour étendre l'offre de produits et de services et lancer ainsi une dynamique.»




Un dispositif complet

Concernant les dispositifs d'aide, les entreprises sarthoises sont un peu sous-utilisatrices de ces aides par rapport aux départements limitrophes que sont la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire. La raison? «Notre département compte beaucoup d'entreprises du secteur secondaire, les centres de décisions sont souvent hors région. Il y a aussi beaucoup d'entreprises qui travaillent dans le domaine de la sous-traitance», explique Francis Landier. Le dispositif proposé par le service d'appui à l'international, en partenariat avec Ubifrance, la CCI International des Pays de la Loire et le Conseil Régional, se veut pourtant très complet. Il propose de l'information, un accompagnement individuel et des rencontres d'affaires internationales. Parmi les 12 aides proposées, Francis Landier souligne l'importance de la Prim'Export et du volontariat international en entreprise (VIE). «On assiste par ailleurs à la montée en puissance du financement Oséo sur tous les financements exports.»

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