PLU : On ne peut pas plaire à tout le monde...

PLU : On ne peut pas plaire à tout le monde...

L'enquête publique concernant le Plan local d'urbanisme (PLU) s'est achevée le 18juin. Nombre de Niçois y ont participé pour défendre leurs intérêts. Mais il faut savoir que ce programme, qui entend «affirmer Nice comme métropole internationale», aura également un impact sur la vie des entreprises. Et toutes ne sont pas gagnantes. Si le texte satisfait les professionnels de l'immobilier ou encore les commerçants, certains agriculteurs font grise mine. Lucie Lautrédou

Pour défendre leurs terrains ou connaître le taux de logements sociaux dans leurs quartiers, les Niçois se sont penchés sur le Plan local d'urbanisme (PLU). Ils ont été consultés à l'occasion d'une enquête publique, du 10mai au 18juin. Le rapport et ses conclusions seront remis fin juillet, pour une approbation en conseil municipal, puis communautaire, au 4e semestre 2010. Mais les particuliers ne sont pas les seuls concernés par ce texte. Il touche aussi les professionnels, comme les agriculteurs, professionnels du bâtiment ou commerçants. Et tous ne sont pas satisfaits.




10.000 nouveaux logements

Qui dit urbanisme dit logement. Il en est largement question dans le plan initié en 2008. Lors du conseil communautaire du 29janvier dernier, il a été souligné l'importance de «renforcer le logement de qualité». Le PLU fixe comme objectif la production d'environ 10.000 logements pour les prochaines années. Une aubaine pour les professionnels du bâtiment, qui déplorent depuis plusieurs années la saturation du marché foncier azuréen. Le plan va «simplement réussir à combler les besoins», note le président de la fédération des promoteurs et constructeurs des Alpes-Maritimes, Christian Rousseaux. De son côté, la CCI NCA salue «la politique ambitieuse de la ville en terme de logements pour actifs».




Commerçants dynamiques

Le PLU, qui «constitue le cadre qui contribuera à faire de Nice la ville verte de la Méditerranée», n'insiste pas seulement sur la quantité mais aussi la qualité des logements. La moitié des nouvelles constructions concerneront le parc social, et la ville tient à développer la vie dans les quartiers. L'animation de la rue passe par le dynamisme de ses commerçants. Christian Tordo, adjoint au maire en charge de l'Économie, de l'Emploi et des Finances, l'assure: «les desideratas des commerçants ont été pris en compte lors de l'élaboration du PLU». D'ailleurs, selon le compte rendu du conseil communautaire du 29janvier, le PLU vise à «favoriser une répartition équilibrée du commerce de proximité, notamment en prévoyant une incitation sur les droits à bâtir dans le centre-ville et les collines proches, pour les constructions dont le rez-de-chaussée comprendra des commerces ou activités artisanales et en imposant sur certains secteurs la présence de commerces et d'artisanat aux rez-de-chaussée des immeubles».




La grogne des agriculteurs

Problème, pour construire, il faut bien grignoter quelque part. Et bien que le texte s'engage à limiter la consommation d'espace, en maintenant à 2.020ha la superficie des zones naturelles, et 470ha les zones agricoles, la grogne commence à monter du côté de certains exploitants des terres de Bellet. Le PLU «prévoit d'urbaniser les bords de route, des parcelles en zone agricole vont devenir constructibles», dénonce Carine Dalmasso, du Domaine de la Source. Pour Christian Tordo, ce problème repose simplement sur la nécessité de «trouver le bon équilibre entre l'intérêt général et les besoins en logement». Pour lui, Alain Philip, adjoint au maire chargé de l'urbanisme, serait le plus à même de répondre à cette question. Un élu qui, sollicité à plusieurs reprises, n'a malheureusement pas pris le temps de répondre aux questions du JDE.