Plate-forme logistique : Un mois de février décisif
# Logistique # Conjoncture

Plate-forme logistique : Un mois de février décisif

À Châteaubourg, le syndicat mixte d'études de la plate-forme logistique régional doit se réunir ces jours-ci. Les élus des communes environnantes doivent se positionner pour ou contre le passage à une phase de réalisation.

Un énième épisode du feuilleton de la plate-forme logistique, à Châteaubourg , doit se jouer prochainement. Et il devrait être riche d'enseignements. Ces jours-ci, les communes et communautés de communes réunies au sein du syndicat mixte d'étude du projet doivent se réunir et voter pour ou contre le passage de la structure à une phase de réalisation. Rappelons-le, à la clef, la construction d'une plate-forme logistique de dimension régionale reliée à la voie ferrée Rennes-Paris. Sur la table des élus, deux options: ou bien une plate-forme logistique régionale digne de ce nom (250 hectares) reliée à la ligne SNCF par le fer; ou bien une réserve de foncier plus réduite que le projet initial (une centaine d'hectares) sans raccord au fer mais en conservant l'option pour le futur.




«Volonté toujours aussi forte» pour Jean Normand

Sur le papier, cela semble simple. Mais c'est compter sans les considérations politiques. Car derrière ces deux choix, c'est le combat de deux personnalités: Jean Normand et Pierre Méhaignerie. Le vice-président PS du conseil général penche depuis le début pour une plate-forme reliée par le train à la ligne SNCF. «J'espère que le projet soumis au vote ne sera pas éloigné du projet sur lequel on travaille depuis longtemps avec un terminal nord et une zone logistique au sud», confie l'élu socialiste, affirmant une «volonté toujours aussi forte.» Le président UMP de Vitré Communauté estime, lui, que ce n'est pas raisonnable. «Je suis tout à fait d'accord pour la réalisation d'une plate-forme logistique et industrielle, tout comme je suis d'accord pour développer le fret, explique Pierre Méhaignerie. Mais là où nous ne voulons pas aller, c'est vers la grande structure, très coûteuse, qui conduira vers un déficit de 40M€!». Le passif de la plaine de Baud plane en effet sur Châteaubourg (lire plus bas). Une voie ferrée qui relierait la plate-forme à la ligne SNCF (avec la quatre voies entre les deux)? Il n'y a pas urgence, dit en substance l'élu UMP. Et de souligner que «peut-être faudra-t-il la faire dans douze ans...»




Syndicat de réalisation: pas nécessaire pour Vitré

Pour le Vitréen, pas besoin donc de syndicat de réalisation dans la mesure où il n'y a que du foncier à réserver. «Nous disons que nous aurons besoin d'un syndicat de réalisation dès lors qu'on aura trouvé un opérateur privé pour la partie ferroviaire». Entre ces deux postures, vers laquelle pencher? Pas simple pour les élus du pays vitréen. D'autant qu'il faut y ajouter la position de la Région, également partie prenante compte tenu de la dimension du projet. Ne se retrouvant dans «aucune des deux options» et avant de se prononcer, Gérard Lahellec, vice-président (PCF) du conseil régional, préfère attendre les résultats du cabinet d'avocats nantais qui, depuis plusieurs semaines, apporte une assistance juridique au syndicat mixte. L'élu communiste souligne toutefois qu'«il n'y aura une plate-forme logistique que si on crée les conditions de son "embranchabilité" ferroviaire». Et d'insister sur un point: «on ne peut pas avoir un opérateur de gestion de la plate-forme indépendant de la plate-forme ferroviaire».




«Pas de ferroviaire pas de plate-forme»

Au passage, Gérard Lahellec égratigne la position de Vitré et l'idée de Pierre Méhaignerie de dissocier zone logistique et plate-forme ferroviaire. «On n'est pas en train de faire une ZAC ou un lotissement. On est en train de monter une opération génératrice de recettes. Et si on commence à y aller par morceau, on va me dire "plus besoin d'"embranchabilité", par contre, on va demander aux deniers régionaux d'aller financer un chantier ferroviaire"! Si on dissocie le chantier ferroviaire de la plate-forme, il n'a plus de raison d'être. Pas de ferroviaire, pas de plate-forme», prévient Gérard Lahellec avant d'estimer toutefois ce projet de plate-forme «souhaitable pour le territoire breton».

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