À Borre, Plastiques Gosselin s'apprête à passer sous la coiffe américaine. Le groupe Corning a signé un protocole d'acquisition totale de la PME des Flandres, leader des boîtes de pétri. Qu'entraînera ce deal? L'accord a été signé le 13août. Reste les formalités financières et le géant américain Corning prendra le contrôle de Plaslab SAS, la holding qui porte Plastiques Gosselin. L'opération sera finalisée avant la fin de l'année. La PME des Flandres fondée en 1965 avait déjà connu un changement de capital en 2007. Depuis, Jean Gosselin, fils du fondateur, en détenait encore 20%. Le reste avait été acquis en LBO par Participex (Crédit Agricole) et CDC Investissement. Cette nouvelle opération apparaît comme «une opportunité», selon la direction de Gosselin. Corning travaille, par exemple, déjà avec les distributeurs mondiaux Fisher et VWR, convoités par Gosselin. «Corning va nous ouvrir des marchés à l'international, des portes en Amérique du Nord et en Asie. Nous avons des portefeuilles produits et activités complémentaires», note Jean-François Pollet, responsable marketing. D'un groupe à l'autre, les utilisateurs diffèrent. Pour Corning, il s'agit davantage de laboratoires de recherche, en amont, type Généthon. Les consommables de Gosselin sont, eux, utilisés par les hôpitaux, les industries agro-pharma et cosmétique, les laiteries, et pour la microbiologie, les analyses environnementales de l'eau... Même si Gosselin est une goutte d'eau comparé aux 26.000salariés de Corning, son apport n'est pas négligeable. Le nordiste est leader français dans la fabrication des boîtes de pétri (1million/jour) depuis le rachat de son unique concurrent Framoplast, en 2001. Gosselin, qui fait 48% à l'export, vient aussi d'obtenir l'agrément FDA, précieux sésame pour les États-Unis.
Nouvelle usine à Liverpool À Borre, on ne change rien. «Nous gardons le même P-dg et on ne coupe pas de tête», prévient Jean-François Pollet qui dépeint un groupe en plein essor. Il vient d'investir 2M£ dans une usine qui emploie 23salariés (37 à fin 2011) près de Liverpool. Objectif: desservir le marché local, l'Irlande et la Scandinavie. «L'Angleterre représente la moitié de notre CA à l'export, notre premier marché à l'international.» Sur les 46presses à injecter du site de Borre, arrivé à saturation, 4ont été transférées outre-Manche. «Pour répondre à une croissance des marchés», 2 à 3 nouvelles presses devraient les remplacer en France. Compter environ 1M€ pièce.
Géry Bertrande