Planète écoPar Axel de Tarlé OPA allemande sur l'Europe

Planète écoPar Axel de Tarlé OPA allemande sur l'Europe

Le siège de l'Europe aurait-il déménagé de Bruxelles à Berlin? Puisqu'on ne peut pas revenir en arrière, abandonner l'euro et revenir aux monnaies nationales, Angela Merkel a décidé de prendre le gouvernail d'une Europe à la dérive, d'une Europe humiliée au point de solliciter l'aide du FMI. Berlin opte donc pour des méthodes radicales, ?à l'allemande?. Il y a trop de déficits en Europe? Interdisons les déficits! C'est inscrit dans la Constitution allemande à partir de 2016. Il y a trop de spéculation sur les marchés? Interdisons la spéculation! Berlin vient d'interdire la ?vente à découvert?, une méthode qui permet de gagner de l'argent quand la Bourse baisse. De même les CDS sur obligations d'Etat sont interdits (méthode qui permet de miser sur la faillite d'un Etat). ?Natürlich?, tous les pays européens sont ?invités? à faire de même. Axel Weber, le patron de la Bundesbank, l'a expliqué sans fausse honte: le plan de rigueur allemand de 80milliards d'euros ?doit servir d'exemple pour tous les pays de la zone euro?. Idem pour la spéculation. La France avait dans un premier temps essayé de résister. Christine Lagarde avait même expliqué, fin mai, qu'interdire la vente à découvert risquait de faire fuir les investisseurs. Finalement, Paris est rentré dans le rang. Mieux, suite à une rencontre avec Angela Merkel, le 14juin dernier, Nicolas Sarkozy demande désormais que les mesures allemandes ?anti-spéculation? soient étendues à toute l'Europe! Pas une tête qui dépasse, l'Europe sera allemande ou ne sera pas! Valery Giscard d'Estaing a beau jeu de regretter le manque ?d'intimité? entre Paris et Berlin. Certes, la méthode allemande du ?rouleau compresseur? a l'avantage de la simplicité: ?Y'a qu'à faut qu'on?. Et puis, reconnaissons que l'économie allemande fait plutôt figure d'exemple en Europe. Reste à savoir si ces méthodes sont transposables à l'échelle de tout un continent: 27 pays peuvent-ils simultanément faire de la rigueur sans provoquer une terrible récession? Mais surtout, politiquement, l'Europe peut-elle accepter le ?Diktat? de Berlin? Décidément, cette crise n'en finit pas de faire des ravages.