renvoie à la volonté des industriels. L'idée de créer un pipeline pour raccorder Carling au réseau de transport allemand est née de la décision de Total Petrochimicals France (TPF) d'arrêter son vapocraqueur nº2 début 2009. Arkema et Ineos, respectivement clients récipiendaires de l'éthylène et du propylène produit à Carling, doivent envisager des solutions alternatives d'approvisionnement. Demandé par le premier ministre, François Fillon le 17juin 2008, le rapport sur "les conditions de raccordement des réseaux français et allemands de matières premières de la pétrochimie" a été rendu au ministère de l'industrie par FrançoisLoos. Celui-ci débute son dernier chapitre ainsi: "En conclusion, le problème n'a pas de réponse simple". Les principaux freins résident dans le cadre administratif et les décisions des principaux acteurs privés: "La faisabilité technique d'un ou deux pipelines d'éthylène et de propylène est soumise à des procédures lourdes; la faisabilité économique dépend des conditions contractuelles que peuvent obtenir les différents acteurs, notamment Ineos et Arkema."
Le poids des acteurs
On apprend notamment que, pour l'heure, ni une solution provenant du réseau français ni un raccordement sur le réseau allemand ne permettraient de répondre directement aux besoins d'Ineos Sarralbe (150.000 tonnes contre 50.000 fournies par TPF aujourd'hui). Le rapport mentionne l'approvisionnement via la Mer du Nord. "Dès lors, la question de savoir s'il faut ou non un pipeline d'éthylène ramène à la question des négociations menées entre Ineos et le ou les producteurs auprès desquels elle souhaite s'approvisionner". Pour Arkema l'alternative semble exister via un transport part voie de chemin de fer. Le texte de François Loos pointe l'importance de la décision de TPF. Il souligne qu'avec le raccordement, la concurrence s'accroît considérablement pour le producteur. "Un réseau entraîne une concentration sur les producteurs les plus efficaces. TPF est-il prêt à construire à Carling un vapocraqueur très efficace? La décision de faire ou non ce raccordement nécessite que TPF sorte de l'ambiguïté pour annoncer sa volonté de soutenir le développement de la pétrochimie en Lorraine, sinon celle-ci ira vers une réduction d'activité dès l'obligation de payer les quotas de CO2". Le rapport chiffre un tel pipeline à 75M€ et nécessitant au moins deux ans de délais administratifs et au minimum un an pour la réalisation. À noter que, dans le cadre d'un projet de raccordement allemand (EPS), la commission européenne a autorisé le versement d'une subvention en estimant qu'il s'agissait d'un projet d'utilité publique. Le rapporteur en profite pour glisser que le land de Bavière verse cette aide. "Dans l'hypothèse d'un pipeline franco-allemand la question se poserait de savoir si la Région Lorraine pourrait avoir un engagement du même type". S'il est aussi question d'un possible soutien européen, pas de trace d'un financement de l'État. Les partenaires apprécieront.
Le rapport de la mission Loos concernant l'intérêt de construire un pipeline entre Carling et Ludwigschafen, en Allemagne