Malgré le redressement ou la liquidation de certaines entreprises spécialisées dans la vente et l'installation de photovoltaïque, la filière ne compte pas en rester là. Une association, le Plan B, vient d'être créée à Ploemeur pour promouvoir une alternative: l'installation de panneaux photovoltaïque en faveur d'une autonomie énergétique partielle. «Nous nous engageons à nous entraider, à pallier les défections d'entreprises en difficulté auprès des clients», ajoute Thierry Fauvet, ex-P-dg d'Énergie Bio à Lorient, liquidée le mois dernier. Et surtout, le collectif propose de nouvelles mesures de sauvegarde au gouvernement, «sans surcoût budgétaire».
Plus de 670 signataires
Cinq mesures sont ainsi «exigées» pour sauver la filière. Plus de 670 professionnels de toute la France ont déjà signé la pétition en ligne faisant état de ce plan de sauvegarde. Celui-ci propose notamment la régionalisation des tarifs. «Pour qu'énergie renouvelable rime avec aménagement du territoire et que l'équité redevienne la règle en évitant que toutes les installations et installateurs solaires se trouvent entre Perpignan et Nice», commente Thierry Fauvet. Autre mesure qui ne coûte rien: la mise en oeuvre d'un tarif de rachat pour les petits projets au sol de moins de 250kW, actuellement exclus de tout barème. Apparaît aussi au titre des revendications le recul de la limite des 100kW pour les appels d'offres, à 250kW, et ce sans obligation d'ISO 9001 et 14100 pour les prestataires, afin de rendre ces projets plus accessibles aux PME et TPE locales.
Une bataille contre EDF
De plus, le collectif espère une amélioration de la visibilité et de la stabilité des tarifs de rachat, avec un minimum de six mois, au lieu de trois actuellement, entre les modifications tarifaires. Avec une publication et une application le jour même. Une mesure à laquelle tient particulièrement Thierry Fauvet qui conserve son bureau d'études lorientais et vend sa matière grise à l'étranger. «En Allemagne, quand un projet est terminé, le lendemain les particuliers sont raccordés. Ici, il y a trois mois de délai, auxquels s'ajoutent cinq mois avant d'obtenir le contrat afin de facturer le rachat d'électricité.» Thierry Fauvet en est sûr: ce n'est pas le lobby nucléaire qui a tué la filière. Mais c'est bien contre EDF que se livre la bataille. «Aujourd'hui, l'électricité centralisée est produite par un oligopole. EDF ne peut pas accepter la décentralisation, qui permettrait d'ouvrir la brèche à l'individualisation. EDF serait perdant à long terme.» Or, c'est cette efficience énergétique et ce développement en réseau local que promeut le collectif Plan B.En attendant, la guerre intestine a coûté plus de 200 emplois en Morbihan et s'apprête à détruire entre 20.000 et 25.000 emplois en France.
Énergies Renouvelables L'association Plan B, qui réunit les acteurs de la filière photovoltaïque, exige de l'État la mise en place de nouvelles mesures de sauvegarde.