DG d'Akers Thionville
50 ans Philippe Bello est un homme d'expériences. Ce Lorrain d'origine a travaillé dans les secteurs du papier, du ciment, du calcaire, de la chaux, après être resté dix ans dans la sidérurgie. «Quand vous avez accumulé des tas d'expériences dans des groupes très différents, y compris dans les métiers de base, vous obtenez une synergie entre les compétences techniques et managériales très intéressante pour l'entreprise», résume-t-il. Avant d'ajouter: «Une aciérie, je sais comment ça marche». Pour lui, travailler dans un coin qu'il connaît bien est également un avantage. «Même en travaillant à Paris, j'ai toujours eu cet ancrage local et familial en Lorraine. Quand vous connaissez depuis longtemps la zone où vous travaillez, vous gagnez énormément de temps en cherchant des contacts. Mon prédécesseur suédois n'aurait pas pu être plus rapide !», plaisante-t-il. Depuis son arrivée à Akers en 2008, un souvenir marquant reste la séquestration par des salariés qui voulaient des négociations liées à la fermeture d'un site. Mais, au-delà et d'un point de vue beaucoup plus local, il y a cette crise dans la sidérurgie. «Akers est spécialisée dans la vente de cylindres de laminage, et nous avons pu remplir des commandes jusqu'en 2010. Le gros de la crise nous touchera cette année, avec une reprise annoncée pour 2012. Les gens ont tendance à croire que la crise de l'acier est finie, notamment après le rallumage du P6 par ArcelorMittal. Mais pour nous, elle va commencer maintenant.» Pour éviter les délocalisations, Philippe Bello détaille une stratégie redoutable: «Notre valeur ajoutée passe par le respect de la parole du client et la qualité de nos produits. Nous allons bientôt lancer de nouveaux cylindres qui vont durer beaucoup plus longtemps. La situation géographique s'efface beaucoup dans ces cas-là», conclut-il.
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