Vivendi dévoile les premiers résultats de sa mission dans le pays de Ploërmel. Sur un objectif de 158 emplois programmés, 37 postes ont été effectivement créés et 18 PME locales accompagnées. Un chiffre à rapporter aux avantages fiscaux dont a profité la multinationale en échange de son concours pour revitaliser une dizaine de bassins français.
Coup de pouce pour les PME
Pour les PME, l'ingénierie financière de Vivendi, alliée pour la circonstance au Crédit Mutuel de Bretagne, s'est en tout cas avérée providentielle. Sur quatremillions d'euros mobilisables, 2,9millions d'euros ont été affectés. Un levier qui a permis aux Laboratoires Pierre Caron ou à Fybolia de financer leurs investissements et d'embaucher. 76% des emplois concernés relevaient du domaine industriel, dont 18% rien que pour la filière bois. Celle-ci est un peu la grande gagnante de l'opération. Président d'un GIE fédérant des entreprises du secteur, le spécialiste des palettes Loïc Marcadé à Evriguet a investi plus d'un million d'euros dans de nouveaux locaux. «L'ampleur n'aurait pas été la même sans Vivendi», signale l'entrepreneur.
Ristourne pour Vivendi
Claudine Josso dit elle aussi "merci" à Vivendi: «Notre filière était un peu laissée de côté. Alors qu'elle réunissait beaucoup d'emplois, son industrialisation faiblissait. Cette aide va servir de socle et aider concrètement à reprendre des parts de marché sur les bois d'importation.»
Côté Vivendi, rappelons que le régime du bénéfice mondial consolidé, dont a aussi joui, par exemple, Total ou NRJ, lui a permis de profiter d'une "ristourne fiscale" de 435millions d'euros rien qu'en 2009. «La loi de finance rectificative a supprimé ce dispositifen septembre dernier», signale François Guéant, fils du ministre de l'Intérieur et candidat aux législatives à Ploërmel. «Ce mécanisme aurait dû être utilisé avec des contreparties aussi sages que dans le cas de Vivendi. Il aurait été intéressant à systématiser.» Juste après SFR, cette niche fiscale a représenté jusqu'au deuxième foyer de rentrées financières d'un groupe pesant 51.300 personnes dans le monde et 28,878milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2010. Lui permettant d'inclure dans son résultat imposable en France les déficits de ses filiales étrangères. «Nous agissons en vertu de conventions, sur des territoires où le groupe n'est pas présent en termes d'emplois. Ce dispositif était à l'origine concomitant avec des opérations de nature fiscale. En 2004-2005, Vivendi était fragilisé, il fallait éviter de passer dans des mains hostiles, nous protéger contre une éventuelle OPA», admet Dominique Welcomme, directeur du développement social de Vivendi. Selon François Guéant, la fin du bénéfice mondial consolidé «n'a pas d'impact sur la continuité de cette mission.» Le dispositif court encore pendant deux ans.
Revitalisation Il y a un peu plus d'un an, Vivendi et le cabinet Géris s'engageaient à soutenir l'économie du pays de Ploërmel. Résultat : seulement 37 emplois créés.