Ouest Croissance : « Les financeurs ont de l'argent »
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Ouest Croissance : « Les financeurs ont de l'argent »

Capital investissement Président du directoire d'Ouest Croissance, Henri Guillermit fait le point sur la stratégie et les perspectives du capital-investisseur.

> Henri Guillermit, à quel niveau se situent les investissements d'Ouest Croissance sur les dix premiers mois de l'année ?

Nous avons une activité sensiblement équivalente à ce que nous avions fait sur la même période de 2010, avec près de 20millions d'euros investis dans les entreprises du grand Ouest. En revanche ce qui a changé, c'est que les opérations de transmisssion se sont raréfiées au profit des opérations de capital-développement. Pour la Loire-Atlantique, on peut citer un investissement de 4millions d'euros pour l'augmentation de capital du groupe Phelippeau et l'accompagnement de la reprise de Promoplast. Nous sommes également devenu actionnaire du groupe vendéen 3H avec un investissement de trois millions d'euros et nous avons participé à la recomposition du capital du Breton Vitalitec (35). Pour beaucoup, nous sommes encore perçus comme un capital-investisseur nanto-nantais mais ces différentes opérations démontrent que notre activité s'étend de la Normandie au Sud-Ouest, sur les territoires de nos actionnaires, les trois Banques Populaires du grand Ouest:la BPA, la BPO et la BPACA.

> La période économique actuelle troublée change t-elle la donne?

Ce qui est vrai, c'est que depuis septembre, nous avons nettement moins de dossiers intéressants. Mais c'est vrai pour tous les capitaux-investisseurs. C'est d'ailleurs une chance pour les dossiers qui sortent du lot.

> Beaucoup d'entreprises se plaignent pourtant de ne pas trouver d'investisseurs. C'est paradoxal...

Je peux vous assurer qu'un projet d'entreprise bien ficelé trouvera forcément des capitaux car de nombreux acteurs ont pléthore d'argent à investir aujourd'hui. Nous concernant, davantage que des objectifs de volumes d'investissement, il s'agit de nous positionner sur les dossiers qualitatifs.

> Y a t-il des secteurs d'activité sur lesquels vous êtes plus particulièrement prudent ?

Nous sommes méfiants pour tout ce qui touche à l'économie administrée. C'est-à-dire qui dépend en partie de la réglementation. Cela peut concerner le secteur de la santé, les énergies renouvelables ou l'automobile qui a par exemple bénéficié de la prime à la casse. Maintenant, on ne s'interdit aucun secteur. Tout dépend du projet de l'entreprise et du feeling que nous pouvons avoir avec son dirigeant.

> Comment appréhendez-vous les dossiers liés aux secteurs du web et des TIC?

Souvent, on ne parvient pas à s'entendre sur la valorisation de ces entreprises. C'est le principal obstacle pour nous car certains acteurs se présentent avec des valorisations délirantes. Moi, je suis avant tout comptable des deniers de mes actionnaires.
> Vous avez procédé récemment à une augmentation de capital de 15millions d'euros auprès de vos trois actionnaires. Dans quel but ?

Depuis 2007, ces actionnaires nous ont même apporté 60millions d'euros. L'objectif est de nourrir la machine pour que nous puissions soutenir financièrement les
entreprises et conforter nos fonds propres.

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