Depuis le début de l'année, les indicateurs du secteur demeurent davantage pluvieux et orageux qu'au beau fixe. En effet, 60% des chefs d'entreprise interrogés par l'Observatoire des entreprises lorraines (Odel) créé par la Chambre régionale du commerce et de l'industrie (CRCIL), ont constaté une baisse de leur activité au premier semestre. Et plus de la moitié ont réduit leur masse salariale et leurs investissements au cours de la même période. Des tendances basées sur les témoignages de 122responsables d'entreprises de taille importante représentant 16.000emplois. «Nous avons malheureusement atteint des records en termes de rapidité et de niveau de baisse d'activité dans le secteur», souligne Khaled Zainine, chargé d'études économiques à la CRCIL. Et d'ajouter: «La rentabilité a également beaucoup souffert au premier semestre», avec des prix de ventes stables voire en baisse pour la majorité des chefs d'entreprise, mais surtout une diminution des marges d'exploitation pour 70% d'entre eux. Une tendance qui s'est poursuivie au troisième trimestre, puisque dans son étude des tendances régionales parue en octobre2009, la Banque de France enregistrait «une nette dégradation des marges d'exploitation au cours du trimestre écoulé». En outre, à cette période, la situation des carnets de commandes et des stocks de produits finis a atteint son plus bas niveau depuis cinq ans d'après les données de la Banque de France.
Vers la stabilité au niveau de l'emploi
Reste le quatrième trimestre pour inverser la tendance. Les chefs d'entreprise interrogés par l'Odel prévoyaient une timide reprise pour le second semestre. «Ils envisageaient une reprise graduelle et légère. Les perspectives semblaient moins défavorables du côté de l'emploi, puisque 38% des responsables tablaient sur des réductions d'effectifs contre 53% au premier semestre. De même, les perspectives étaient moins négatives pour les investissements. Actuellement, on guette le moindre signe de reprise, mais on ne peut pas dire que le secteur se porte mieux dans son ensemble», résume le chargé d'études économiques. En tout cas, selon les chefs d'entreprise, l'amélioration proviendra davantage des marchés extérieurs que du marché hexagonal.
(*) Le secteur regroupe la construction ferroviaire et aéronautique, la production d'équipements électriques et électroniques, d'équipements mécaniques, la transformation du bois, la cristallerie, l'industrie textile, la chaudronnerie ou encore la production d'étiquettes.
L'activité des 1.500 entreprises lorraines de l'industrie des biens d'équipements (*) a beaucoup souffert de la crise économique. Et la reprise s'annonce timide.