Observatoire des entreprises : Fort recul de l'activité
# Conjoncture

Observatoire des entreprises : Fort recul de l'activité

Le premier semestre 2009 est marqué par un fort recul de l'activité dans la plupart des secteurs, une baisse massive des commandes, de l'investissement et de l'emploi, sans oublier une fragilisation des indicateurs financiers. C'est ce qui ressort du baromètre semestriel de l'observatoire des entreprises de Lorraine qui note cependant des signes prouvant que le creux de la récession est probablement derrière nous. Isabelle Kurth

L'Observatoire des entreprises de Lorraine (Odel) a rendu public fin juin son baromètre semestriel de conjoncture. Ce sont 1.085établissements qui ont répondu au questionnaire, sur les 7.600entreprises de plus de cinq salariés contactées. Soit un taux de réponse de 14,3%.




Activité en berne

Premier enseignement de ce baromètre : après le ralentissement marqué du second semestre 2008, la situation s'est brutalement aggravée au premier semestre 2009. «L'indice d'évolution de l'activité redevient négatif pour la première fois depuis 15ans, précise Khaled Zainine, chargé d'études au département des études économiques et de la formation de la chambre régionale de commerce et d'industrie de Lorraine. Seulement 20% des entreprises jugent leur niveau de ventes satisfaisant contre 40% d'avis défavorables.» Au second semestre 2008, ces taux étaient respectivement de 33% et 26%. Cette situation contraste avec la période de quatre années de croissance, lente et faible, entre2003 et2007. «Les ventes totales se sont fortement repliées pour 58% des répondants.» Ce qui représente un recul de 17points par rapport au semestre précédent. Elles sont en hausse pour 14% des entreprises (contre 23% six mois plus tôt). Même son de cloche pour les marchés à l'export. Le recul de la demande touche 61% des répondants, contre 38% au second semestre 2008 et 21% un an auparavant. «Dans ce contexte, les capacités de production paraissent sous-utilisées pour plus d'une entreprise sur deux (55%). Ce qui représente un niveau historiquement bas.» Ils n'étaient qu'un tiers des répondants le semestre précédent. Du côté des stocks, 18% des entreprises annoncent un léger allégement. Mais ils restent maîtrisés et conformes à la normale pour 65% des répondants. Quant aux carnets de commandes, ils se dégradent pour 59% des dirigeants (41% six mois plus tôt). «Cette situation laisse entrevoir une poursuite du repli de l'activité à court terme.»




Situation financière fragile

Le recul de l'activité s'accompagne d'une dégradation des indicateurs financiers. Les marges se réduisent pour 59% des entreprises (46% au second semestre 2008). Pour 47% des entreprises, la baisse des prix de vente se poursuit et s'accentue. Elles étaient 29% en juin2008 et 17% un an auparavant. La rentabilité est jugée fragile par une entreprise sur deux. Tandis que la trésorerie se dégrade pour 48% des dirigeants. Ils étaient un tiers au dernier semestre 2008. «La situation financière est à nouveau orientée défavorablement. Elle est jugée fragile par 36% des répondants et normale pour 47%.» Cette situation est inédite avec un solde d'opinions négatif jamais observé auparavant.




Recul de l'emploi

L'emploi subit la morosité des entreprises. Ainsi, 37% des dirigeants s'orientent vers une réduction de leurs effectifs (29% six mois plus tôt et 13% sur une année). Seuls 6% des répondants envisagent d'embaucher. Pour 58% des entreprises, les effectifs restent stables. «Cette dégradation est similaire à celle enregistrée lors de la récession de 1993.» Au premier trimestre, l'Unédic recense 519.300 salariés en Lorraine. Cela représente une diminution de -4,6% sur un an, contre -1,8% au niveau national. Le travail temporaire suit la même courbe. Ainsi, 52% des entreprises envisagent de moins faire appel aux intéri maires (contre 43% en décembre). «Les inquiétudes croissantes au sujet du chômage risquent de peser sur la confiance des ménages.» De quoi les inciter à réduire leurs dépenses de consommation malgré une baisse de l'inflation.




Moins d'investissements

«Compte tenu de la forte contraction de la demande, des capacités sous-utilisées et du climat d'incertitude qui grandit, 48% des entreprises ont de nouveau fortement ralenti leurs programmes d'investissement.» Elles étaient 29% auparavant. «Les effets du plan de relance gouvernemental ne se font pas encore sentir sur le plan de l'investissement.»

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