Que reprochez-vous à la French Tech ?
La French Tech est une arnaque, car elle coûte plus cher qu'elle ne rapporte. 200 M€ pour un label que seuls les Français connaissent. Personne à l'étranger n'en parle, à part nous-même. Ce label repose sur l'auto-citation, sur le principe d'« on est les meilleurs, on va vous le faire savoir ». Ce n'est pas pour rien que le coq est l'emblème de la French Tech... L'excellence ne se décrète pas. Berlin n'a pas imposé le « Deutsche Qualität », il a émergé tout seul à force du travail des entrepreneurs allemands.
La French Tech ne peut-elle pas retenir des start-uppers tentés d'entreprendre à l'étranger ?
En France, la possibilité de carrières à la Google ou à la Tesla n'existe pas. On n'aime pas la réussite individuelle ; patron est un mot vulgaire. Il y a un vrai problème de confiance en France à laquelle l'État entend répondre en créant un label. Cette communauté organisée par le gouvernement amplifie la mentalité du « sans l'État je ne peux rien faire ». Ce n'est pas cela qui va retenir les cerveaux.
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French Tech. Que vaut encore le label ?
Professeur en géopolitique et économie de la connaissance à l'École centrale et chercheur à l'université de Stanford, Idriss J. Aberkane est un opposant déclaré à la French Tech. « Ce label a tous les vices des pouvoirs publics. On clame haut et fort que l'on est les meilleurs, alors qu'il n'existe aucune évaluation du dispositif. C'est de la démagogie, d'autant que se passer de la French Tech, c'est aussi se priver de subventions. » Entretien.