À Saint-Hilaire de Riez, les serres du Gaec Le Marais Neuf (7 salariés) se trouvaient en mauvais état. Et les maraîchers n'avaient pas les moyens de refaire le site à neuf. Comment rentabiliser l'investissement ? Les Vendéens ont résolu le problème en décidant de couvrir les quelque 15.000 m² de serres de panneaux photovoltaïques sur la moitié de la surface. À la fin du chantier, prévue en mars, l'installation destinée notamment à cultiver des tomates et des concombres devrait générer 1,6 MW/h d'électricité par an. C'est l'équivalent de la consommation de 500 foyers hors chauffage. L'investissement des serres de Saint-Hilaire s'élève au total à 2,5 millions d'euros. Plus qu'une astuce pour le Gaec, les nouvelles verrières pourraient aussi devenir la vitrine d'une nouvelle technologie. « Les cellules photovoltaïques sont emprisonnées sous vide entre deux plaques de verres, ce qui rend les panneaux plus résistants, avec une durée de vie estimée à plus de 50 ans. Un dixième de la surface de la serre servira même à tester un système d'arrosage automatique sur leur face extérieure afin de refroidir les panneaux et d'augmenter leur rendement de près de 10 % » explique Pascal Braud, gérant de Nuclésir, société qui pilote la conception et l'ingénierie du projet.
R & D financée via Bpifrance et le crowdfunding
Le Vendéen intervient via Nucléosir, sa société spécialisée dans le contrôle de sécurité des centrales nucléaires ou thermiques, ainsi que via sa filiale Nucléosun consacrée aux projets photovoltaïques.
Baptisé Semaphor, le projet de R & D, d'un montant de 115.000 euros, a déjà obtenu de nombreux soutiens. De Bpifrance d'abord (60.000 € de prêt à taux zéro), puis du site de crowdfunding Lendopolis. Premier projet lancé sur la plate-forme parisienne, il y a glané 40.000 euros de prêts (à 4,3 %), en seulement cinq jours ! Nucléosir complète la somme. La recherche et développement s'effectue au sein d'un consortium public-privé comprenant le fabricant français de panneaux solaires Voltec Solar, Voltinov et le laboratoire public Cethil. Une fois la mise en service effectuée à l'été, les expérimentations sur le concept complet (avec arrosage automatique intégré) se poursuivront jusqu'à la fin 2015. En cas de succès, Nucléosir et ses partenaires pourraient alors déposer un brevet et commercialiser la formule.
« Filière solaire moribonde »
Un rayon de soleil, pour Pascal Braud qui juge la filière solaire « moribonde ». Avec une trentaine de projets lancés en Vendée, Deux-Sèvres et en Provence, Nucleosun a certes investi un million d'euros l'an dernier et devrait encore investir 600.000 euros en 2015. Société sans employés, détenue par Nucléosir et ses salariés, elle table sur un chiffre d'affaires de 220.000 euros en 2016, en progression. Mais elle s'attend à un sérieux coup d'arrêt. « Nos derniers projets en cours de réalisation ont été initiés au troisième trimestre 2013... Depuis nous n'avons rien signé ou presque, que ce soit auprès des particuliers ou des entreprises, confie Pascal Braud. Nucleosun travaille sur des installations allant de 9 kWc à 100 kWc de puissance installée, soit sur des surfaces de 65m² à 650 m². En cause, le prix de rachat du solaire, comparé aux prix des autres sources d'énergie. « Mi-2014, l'État avait annoncé une augmentation des tarifs de rachat sur le créneau des projets entre 9 kWh et 100 kWh, le plus impacté. On attend toujours... », regrette-t-il.
ÉNERGIE Environ 7.500 m² de cellules photovoltaïques recouvriront des serres maraîchères à Saint-Hilaire-de-Riez cet été. Nucléosir y testera des panneaux solaires encapsulés entre des plaques de verres et rafraîchis par arrosage automatique. Objectif : augmenter leur rendement.