NTN Transmissions Europe va ouvrir en Allemagne. Dix-huit mois après la reprise d'une usine de production de transmissions à São Paulo au Brésil. Cette fois-ci, outre-Rhin, la filiale du groupe japonais NTN a racheté une ancienne usine du groupe IFA, déjà dédiée aux transmissions. «Nous avons encore deux autres projets en cours, l'un en Turquie, l'autre en Russie», complète le Philippe Guyomard, le P-dg du site sarthois qui gère le développement des nouvelles usines de production de transmission du groupe. Fournisseur de rang un des constructeurs automobiles, l'équipementier organise à partir du site Sarthois le développement international de sa branche. «Nous sommes responsables pour les transmissions des marchés en Europe au sens large, de la Suède à la Turquie en passant par l'Europe de l'est et l'Amérique du sud». La firme a démarré cette expansion internationale avec l'usine de Sibiu en Roumanie il y a trois ans. «Nous avons transformé une usine qui était déjà dans le groupe, dans la branche roulements de SNR. Elle peut livrer non seulement la Roumanie, mais aussi toute la zone du sud de l'Europe de l'est», détaille le dirigeant.
Des craintes de délocalisation
C'est cette évolution que dénonce la CGT par la voix de Thierry Bobet, secrétaire de la section chez NTN: «L'usine d'Allonnes est actuellement incapable de fournir toute la demande car nous n'avons pas les machines pour cela. Le mois dernier, ce sont déjà 60.000 transmissions qui ont été transférées en Roumanie. Notre crainte est de perdre de plus en plus d'activité». Et le représentant d'appuyer ses remarques au travers d'informations divulguées lors des comités d'entreprise: «Nous notons des délocalisations vers des sites de production étrangers pour le montage. Nous craignons que l'activité d'usinage ne soit également transférée progressivement. Les 4,5millions de transmissions prévues en production pour 2015 sont bien inférieurs à ceux que nous avons produits l'an dernier. Nous craignons donc que les intérimaires ne subissent les conséquences de cette accélération de la délocalisation». Sur un millier de personnes employées, ils sont 250 à Allones.
«Pas de désengagement en France»
Implanté dans la Sarthe depuis le rachat du savoir-faire de production de transmissions de Renault, au début des années 2000, le groupe réfute ces accusations. «Il n'est pas question de produire en Roumanie des transmissions qui vont revenir en France pour être livrées aux constructeurs. Notre stratégie est au contraire de faire rayonner notre savoir-faire sur d'autres zones où seront produits localement des véhicules à destination des marchés locaux. Nous nous implantons là ou le besoin en véhicules croit». Évidemment, l'implantation des donneurs d'ordre donne le "La" aux équipementiers comme NTN. «Nous livrons désormais tous les constructeurs présents en Europe et au Brésil. Nous nous installons logiquement à proximité de leurs usines pour améliorer la compétitivité de toute la filière. Lorsqu'ils s'implantent dans un pays, ils s'engagent généralement à un niveau minimal d'intégration de leur production au niveau local. Nous nous engageons donc avec eux pour produire ce pourcentage minimal de composants localement».
Nouveau plan triennal
Ce qui ne veut pas dire que NTN se désengage de France selon le dirigeant. Il rappelle qu'en douze ans, le site d'Allonnes a bénéficié de plus de 225millions d'euros d'investissements, construction des bâtiments compris. Et qu'un nouveau plan triennal est en cours de validation: «Il faut prendre le virage exigé par l'automobile. Sur les marchés émergents, le besoin est à des productions de masse à coût serré. En Europe de l'ouest, nous avons besoin de répondre à des marchés premium très segmentés». Pour ce faire, NTN croit aux investissements, mais aussi à la formation. «Il faut que chaque salarié comprenne que le marché de l'automobile connaît de très fortes variations. Je n'oublie pas qu'en 2008 nous avons dû recourir au chômage partiel même si nous connaissons actuellement le plein-emploi en tournant sept jours sur sept, 350 jours par an». Pour 2012, Philippe Guyomard est optimiste, notant que l'année a commencé très fort, même si mars enregistre un petit tassement.
NTN Transmissions Europe
(Allonnes)
P-dg: Philippe Guyomard CA au 31mars: 220M€ 750 salariés permanents
02 43 83 90 40 www.ntn-snr.com