Le Journal des Entreprises : Nova Flore crée des mélanges de semences de prairies fleuries, qu'on a pu voir pousser au château de Chantilly ou au Futuroscope. Vous venez de racheter Jeanne de Laval - 70 salariés, 7,5 M€ de CA - experte en bulbes à fleurs et filiale de Terrena. Que pèse aujourd'hui votre PME ?
Julien Gouy : Environ 100 salariés, pour 11,5 millions d'euros de chiffre d'affaires. À noter que le rachat de Jeanne de Laval a eu lieu en deux temps : la reprise du fonds de commerce de Lyon en janvier 2016, puis du centre de conditionnement de bulbes de 8.000 m² à Beaufort-en-Vallée, en fin d'année dernière.
Quels sont vos débouchés ?
J.G. : D'un côté, nous livrons les collectivités locales et les professionnels : paysagistes, revendeurs. De l'autre, le grand public via des enseignes comme Gamme Vert, Truffaut, Système U ou Carrefour. La vente de bulbes s'inscrit dans ce segment. Nos prairies fleuries, composées de semences horticoles ou sauvages - marguerites, trèfles des prés, etc. - s'adressent aux deux marchés.
Nova Flore n'est donc plus uniquement un créateur de prairies fleuries...
J.G. : Oui. La prairie fleurie pèse désormais 30 % de l'activité. Mais on s'était déjà diversifié avec des refuges pour insectes afin d'augmenter la biodiversité, ou encore les mycorhizes, c'est-à-dire l'association entre un champignon et les racines d'une plante. En vivant en symbiose avec la plante, le champignon démultiplie sa surface de racines et l'aide à capter davantage d'eau et d'éléments nutritifs. Une solution qui a nécessité trois ans de R & D.
Pourquoi cette diversification dans les bulbes ?
J.G. : Notamment pour élargir notre offre au grand public.
Y a-t-il un fil rouge entre ces activités ?
J.G. : Dans chaque famille de produits, Nova Flore cherche à favoriser la biodiversité, à réduire les consommations d'eau, d'engrais et de produits phytosanitaires. La législation va d'ailleurs dans ce sens : depuis janvier, il est interdit d'utiliser des herbicides dans les villes, excepté pour certaines zones comme les cimetières. Dans la gamme des bulbes, on trouve ainsi des variétés de dahlia qui attirent plus d'insectes pollinisateurs comme les abeilles. On décline aussi nos innovations à travers nos gammes. Par exemple, en associant les mycorhizes aux prairies fleuries, celles-ci produisent presque quatre fois plus de fleurs.
Quelles sont vos ambitions ?
J.G. : Je ne veux pas communiquer d'objectifs chiffrés. Le marché du végétal enregistre une baisse depuis plusieurs années, mais je reste confiant. Hormis un exercice légèrement déficitaire, Nova Flore a toujours été à l'équilibre. 2016 aura été une année de transition. 2017 sera celle du déploiement des nouveaux produits. On dispose aujourd'hui d'une gamme assez large pour attaquer de nouveaux marchés. Entre autres, ceux des horticulteurs et des pépiniéristes, où nous sommes encore trop peu présents. Dans ce but, on a notamment développé un système de pastilles pour appliquer nos mycorhizes sur les rosiers. Afin de financer notre développement et entrer sur de nouveaux réseaux de distribution, Nova Flore envisage pour la première fois de réaliser une levée de fonds.