Nouvelles technologies : Former pour éviter la panne informatique
# Conjoncture

Nouvelles technologies : Former pour éviter la panne informatique

Luxembourg Affichant de grandes ambitions en matière de nouvelles technologies, le pays se heurte à une pénurie de main-d'oeuvre. Pour y remédier, le pays investit dans la formation. Des centaines de jobs sont à saisir dès aujourd'hui et des milliers, demain.

Selon le Statec, le secteur des TIC occupe 17.000 personnes au Grand-Duché, soit 4,5 % de l'emploi total, sans compter les professionnels de l'informatique actifs dans d'autres secteurs d'activités comme la finance, l'industrie et le commerce. Compte tenu des ambitions du pays dans le digital et plus largement encore dans l'innovation et les nouvelles technologies, les effectifs vont être amenés à grossir dans les années à venir. S'il est compliqué de les quantifier à 5 ans, ne serait-ce que compte tenu de la vitesse à laquelle évoluent les technologies, on a une petite idée des besoins dans les deux ans à venir. La Fedil (Fédération des industriels luxembourgeois), l'ABBL (Association des Banques et Banquiers Luxembourg) et la CLC (Confédération luxembourgeoise du commerce), en collaboration avec ICT Luxembourg, ont récemment publié les résultats d'une huitième enquête consécutive portant sur les prévisions d'embauche des entreprises dans le domaine des technologies de l'information et de la communication (TIC). Les 148 entreprises sondées (représentant plus de 38.000 emplois) annoncent 532 embauches, dont 35% pour remplacer des départs et 65% pour occuper des postes qui viennent d'être créés. « Tant le nombre d'embauches par entreprise participante (3,6 contre 3,3) que la part des créations de postes (65% contre 61%) sont en progression par rapport à l'édition 2014 », indique l'enquête. Les fonctions dont les entreprises ont besoin sont également identifiées. Les recrutements seront particulièrement importants dans l'analyse, le développement et la maintenance de logiciels, de systèmes informatiques et la maintenance de matériel informatique et les services clients.




Priorité à la formation

Le hic, c'est que le Grand-duché ne dispose pas de la main d'oeuvre pour répondre aux besoins grandissant. Cette pénurie de talents freine les projets. Certes, cela n'est pas spécifique au Grand-Duché puisque la concurrence fait rage dans toute l'Europe, mais la petitesse du pays fait qu'il est obligé de massivement recruter à l'étranger. Pas un problème en soi si ce n'est que cela implique de devoir proposer des salaires et des packages concurrentiels, ce qui a pour conséquence d'alourdir les charges et les coûts des entreprises qui perdent, dès lors, en compétitivité. Parallèlement à la chasse aux talents, le Grand-duché s'attache donc à davantage former des professionnels de l'informatique sur son territoire en mobilisant l'ensemble des acteurs concernés. La démarche figure noir sur blanc dans l'initiative Digitale Lëtzebuerg qui vise à renforcer et de consolider à terme le positionnement du pays dans le domaine de l'ICT et de hisser le Luxembourg en centre d'excellence « high tech ».




Jobs à saisir

Ces derniers mois, différentes initiatives ont vu le jour tant en ce qui concerne la formation initiale qu'en matière de formation continue. Sur le site de Belval, des sessions de formation de futurs développeurs et intégrateurs web, via l'école WebForce3 (réseau crée et développé en France) sont activées, le projet «Digital4Education » est en cours d'implémentation dans les programmes scolaires, le site internet «www.tic-tonjobdavenir.lu » a été lancé, un salon dédié au recrutement de profils IT, « Digital Plug&Work » se tiendra en novembre prochain.... Mais il faudra du temps pour que tout cela porte ses fruits alors que les besoins sont immédiats. Aux 500 embauches annoncées pour les deux ans à venir évoquées par l'étude, s'ajoutent les centaines d'autres offres déposées à l'Adem (équivalent Pole Emploi) et qui ne trouvent pas preneurs. Avis aux amateurs...



Fabrice Barbian

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