Depuis quatre ans, l'école Audace aide des cadres au chômage et sans projet à entreprendre. En dix «saisons», 200audacieux ont ainsi été formés par des chefs d'entreprise. Ce réseau lillois a essaimé partout en France, en Picardie, à Paris, en Pays de la Loire, à Bordeaux, Marseille... «Ce n'est pas l'idée qui prime, c'est l'envie! 70% créent et deviennent patrons (dont 20% de repreneurs), 20% retournent au salariat et 10% en recherche d'emploi», précise son fondateur Didier Gesp, qui a même été appelé à la rescousse à Fort-de-France, suite aux grandes manifestations.
Épauler les cadres «cassés» Depuis quelque temps, il en avait marre de voir tous ces cadres «abîmés», «cassés» par le système. «Chez Audace, on passe beaucoup de temps à gérer la courbe de deuil, avant de les remettre à l'entrepreneuriat. Autant aller porter les outils d'Audace in situ, dans les entreprises pour créer des sources de profit en interne.» D'où la naissance du réseau «nouvelleressource» (en un seul mot) ou «formation des manageurs entrepreneurs» pour susciter l'intrapreneuriat. «Arrêtons d'abîmer les cadres qui sont une richesse pour l'entreprise! Il faut remettre le cadre comme la force essentielle de l'entreprise, selon Didier Gesp. Ce concept très RSE intéresse beaucoup les grands groupes qui en ont marre des croissances organiques.»
Un séminaire comme starter Au cours d'un séminaire de trois jours, les cadres sont donc emmenés «ensemble vers l'envie d'entreprendre et, par exemple, d'inventer les métiers de demain». Leur créativité est boostée par une vingtaine d'intervenants, tous des pointures dans leur domaine, tous «griffés» Audace. Créée sous forme de SAS, nouvelleressource reverse d'ailleurs 10% de sa marge brute au réseau Audace, sous statut associatif.
«Un APM in situ»
«J'ai voulu faire un APM in situ», sourit son instigateur, lui-même intervenant pour l'Association Progrès du Management (APM). Associé dans cette aventure à Bruno Albanese, à l'origine du salon de l'entrepreneur de Paris, son but premier était de créer des emplois. Aujourd'hui, ils constatent déjà des retombées beaucoup plus larges.
Le Lillois Didier Gesp les appelle les «effets colatéraux». Il a ainsi déclenché 40projets concrets chez un gros acteur nordiste de l'habillement. «Une boîte qui permet d'avoir une liberté de choix aura un moyen de fidéliser», estime Didier Gesp qui du haut de ses 47ans a, plus que jamais, de la ressource.
Géry Bertrande
Susciter l'intrapreneuriat auprès des cadres d'entreprise: voilà le nouveau leitmotiv du fondateur lillois du réseau Audace pour éveiller de futurs managers entrepreneurs.