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«Nous luttons contre la contrefaçon»
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«Nous luttons contre la contrefaçon»

Le défi Fabricant et distributeur de jeux de société, Iello à Ludres est victime de contrefaçon, notamment en Chine. Un pays où il est compliqué de pouvoir se défendre. Ce qui n'empêche pas Iello de se battre.

«Il n'est pas facile de lutter contre la contrefaçon, en particulier quand elle s'opère en Chine, lancent tout de go Cédric Barbé et Matthieu Bonin, gérant et responsable communication & relations presse de Iello, un fabricant et distributeur de jeux de société basé à Ludres. Dans la contrefaçon, il y a deux choses: soit il s'agit de la reprise d'un principe qui marche, comme nous avons eu le cas avec notre labyrinthe à bille en 3D Perplexus, soit il s'agit d'une copie, comme pour notre jeu Innovation.




Pas de protection pour les principes

Dans le domaine du jeu, quand il s'agit de copies, il est assez facile de déceler et de prouver la contrefaçon. Il existe une communauté de joueurs qui est très vigilante et nous prévient au moindre doute. Et en parallèle, nous faisons de la veille. Mais pour les principes, les mécanismes du jeu, c'est très difficile de les protéger, car il n'y a pas de protection en France.




Enregistrement des marques aux douanes

Si nous prenons l'exemple d'Innovation, il s'agit d'un jeu de société que nous avons développé et pour lequel nous avons les droits pour le monde entier. Notre fabricant se trouve en Chine. Il y a quatre ou cinq mois, il a trouvé le même jeu dans son pays. Seules quelques différences prouvent que ce n'est pas notre création: il est moins bien fini, la boîte d'emballage n'est pas magnétique... Il est très difficile de lutter contre la contrefaçon en Chine, et plus largement hors Union Européenne. On peut enregistrer notre marque aux douanes, mais sur le cas d'Innovation, nous ne l'avons pas fait. En effet, nous pensons que cette contrefaçon est dédiée au marché chinois uniquement.




«Lorraine sans contrefaçon»

Ce qui ne veut pas dire que nous ne faisons rien. Nous avons contacté le ministère de l'Industrie, qui nous a orientés vers un commissaire français à l'ambassade de Pékin. De plus, nous nous sommes rapprochés de la commission, "Lorraine sans contrefaçon", initiée par le comité régional des Conseillers du commerce extérieur en France (CCEF), en collaboration avec la Direccte, la Région Lorraine, CCI International Lorraine, l'INPI et la direction régionale des douanes. Nous avons participé à une table ronde qui nous a permis d'obtenir des pistes, dont certaines que nous avions déjà mises en oeuvre. Mais c'est toujours bien de voir que nos actions sont étayées par d'autres personnes. Cette commission nous donne le sentiment que les autorités sont concernées et à nos côtés pour avancer. Avec "Lorraine sans contrefaçon", nous allons passer à une nouvelle étape: une réaction à travers des courriers à en-têtes officiels aux différents protagonistes de ces contrefaçons en Chine. Cela va créer un précédent qui peut déboucher sur des attaques auprès des juridictions chinoises. Mais c'est compliqué, long et coûteux.




Déposer ses marques

Une autre façon de lutter contre la contrefaçon, c'est le dépôt de ses marques auprès de l'INPI. Mais cela coûte cher, il faut donc avoir un budget conséquent pour pouvoir le faire. Côté coûts, pour déposer un brevet, il en coûte 800€ en Chine, 2.000€ aux USA et 36.000€ pour l'Union Européenne. Il semblerait que les 27pays européens veulent simplifier cette démarche tout en faisant baisser son coût. C'est une bonne nouvelle.Enfin, nous sommes diffusés au niveau international. Par exemple, notre jeu King of Tokyo est édité en 15langues actuellement, bientôt 17. C'est aussi une façon de lutter contre la contrefaçon, car le jeu est connu des vendeurs et des joueurs.D'autre part, nous avons également créé, en mars2012, une filiale aux USA, à Las Vegas, qui nous permet d'être plus présents en Amérique du Nord.»

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