Sylvie Saint-Onge
Professeur en management et gestion de ressources humaines à Hec Montréal
Vous étiez présente quelques semaines à l'UBS pour évoquer devant les étudiants la question des politiques de rémunération, comment voyez-vous nos pratiques en France ? Ici vous reconnaissez l'ancienneté dans les postes. Nous, beaucoup moins hormis peut-être sur des postes où il y a une certaine pénibilité. La différence fondamentale concerne le rendement individuel, une donnée parfaitement intégrée pour des Canadiens et plus largement les Nord - Américains. En France, il y a peu de différence entre de bons rendements et de piètres rendements sur le salaire fixe. Autre chose, vous attachez beaucoup d'importance aux grandes écoles. Dans la culture canadienne, on ne s'attache pas du tout aux écoles, il faut prouver les choses.
Comment sont fixés les niveaux de rémunération ? Il n'existe pas au Canada d'accords liés aux branches professionnelles
qui gèrent les différences de salaires. Beaucoup de sociétés canadiennes ont recours à des enquêtes de rémunération qui permettent de déterminer les niveaux de salaires selon les postes. D'ailleurs en interne, il existe des directeurs de la rémunération. Ce sont des profils que l'on s'arrache. Dans notre pays, deux notions sont importantes : celle de l'équité salariale en interne et la loi de 1987 sur l'équité salariale entre les hommes et les femmes.
Les salaires sont-ils plus élevés outre Atlantique ? Comme vous, nous avons eu des remous autour de rémunérations extravagantes dans certaines majors ces dernières années. Globalement, les salaires sont plus élevés chez nous par contre les avantages sociaux sont moindres et il y a une exigence de flexibilité. L'âge de la retraite est fixé à 65 ans mais il sera sans doute relevé.
- TROIS QUESTIONS