France
"Nous appelons le gouvernement et les parlementaires à préserver le bilan de compétences"
France # Politique économique

"Nous appelons le gouvernement et les parlementaires à préserver le bilan de compétences"

S'abonner

[TRIBUNE] Le projet de loi de finance 2026 menace directement le bilan de compétences qui ne pourrait plus être financé par le CPF. Patrick Martin (Medef), Amir Reza-Tofighi (CPME), Michel Picon (U2P), David Cluzeau (UDES) et Arnaud Rousseau (FNSEA) : les responsables des principales organisations patronales montent au créneau pour dénoncer cette attaque contre un outil indispensable pour la souveraineté en compétences de la France.

Les principales organisations patronales s’inquiètent du projet de loi de finance 2026 qui menace le bilan de compétences — Photo : Fizkes

La loi de septembre 2018 avait pour ambition de permettre à chacun d’avoir "la liberté de choisir son avenir professionnel" ! Le projet de loi de finance 2026 vient rogner, pour des questions uniquement budgétaires, cette belle ambition qui était de faire de la France une nation des compétences.

En effet, avec l’apprentissage, le compte personnel de formation (CPF) figure parmi les principales sources d’économies envisagées dans le budget 2026. Une des mesures importantes est l’arrêt du financement du Bilan de compétences par le CPF.

Un levier indispensable de fidélisation

Pourtant, chaque année, plus de 80 000 actifs, dont 70 % de femmes, y ont recours pour évaluer leurs acquis, identifier leurs atouts et construire un projet professionnel solide. Il permet aussi à plus de 60 % des bénéficiaires de s’engager dans une formation, une reconversion ou un nouvel emploi.

C’est un outil concret, utile, et profondément ancré dans la réalité du travail.

Réduire sa prise en charge dans le cadre du CPF reviendrait à réserver l’accès à l’orientation professionnelle aux plus favorisés et à priver les TPE PME, le monde agricole, le médico-social et l’économie sociale et solidaire d’un levier indispensable de fidélisation et de mobilité des salariés.

Une erreur économique et sociale

Ce serait une erreur économique et sociale, à rebours d’un marché du travail où 80 % des entreprises peinent à recruter. Le bilan de compétences permet d’anticiper les transitions, de prévenir les ruptures et d’aligner les besoins des salariés et des entreprises.

Il participe directement à la souveraineté en compétences de la France.

Nous appelons le gouvernement et les parlementaires à préserver ce dispositif qui fait ses preuves et incarne une politique active de l’emploi efficace, inclusive et responsable.

Parce que les transitions réussies ne se décrètent pas, elles se construisent. Et elles commencent par un accompagnement à la hauteur des ambitions du pays.

France # Politique économique # Syndicats patronaux # Ressources humaines # Services de l'Etat