«Notre métier n'est pas suffisamment compris»
# Conjoncture

«Notre métier n'est pas suffisamment compris»

Hervé Depouez,
président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes


La prochaine assemblée générale des commissaires aux comptes de Rennes* abordera notamment le thème de la crise. La situation économique modifie-t-elle votre mission?


Depuis toujours on a une mission de procédure d'alerte. Dans le contexte actuel, on se doit d'être plus vigilant. On doit par exemple s'interroger sur certaines valeurs d'actifs. Il faut déterminer si tous les biens ont une réelle valeur.




Comment se passe une procédure d'alerte?

C'est le commissaire aux comptes qui alerte le dirigeant sur les difficultés qu'il entrevoit. Un chiffre d'affaires qui baisse, des marges moins bonnes... Le commissaire aux comptes se doit de demander au dirigeant quelles dispositions il prévoit pour endiguer ces difficultés. La deuxième phase est de prévenir le conseil d'administration puis l'assemblée générale et le tribunal de commerce.


Pensez-vous que la mission d'un commissaire aux comptes est bien comprise par le chef d'entreprise?


Notre métier n'est pas suffisamment compris. On ne doit pas être pris comme un censeur mais comme un professionnel qui participe à la vie de l'entreprise. Notre première action est de nous prononcer sur les comptes présentés par l'entreprise. Notre deuxième action est la révélation des faits délictueux. Dans le cas par exemple d'abus de biens sociaux, nous sommes obligés d'en informer le procureur de la République.

* AG le 21octobre, à partir de 8h30 à Dinan, en partenariat avec Le journal des entreprises. En présence de l'économiste Christian de Boissieu. Contact: 02 99 31 57 87

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