Il le répète à qui veut l'entendre : la route est un patrimoine, et il faut en prendre soin. Le patron de Noremat, Christophe Bachmann, est « convaincu que les centaines de milliers de kilomètres de haies, que les 500.000 hectares d’accotements routiers que nous avons en France peuvent contribuer à l’aménagement du territoire, à la biodiversité et à une économie de proximité, nous travaillons depuis une dizaine d’années sur les valorisations possibles des résidus d’entretiens des accotements ».
C'est en suivant cette stratégie que Noremat (CA : 55 M€ ; effectif : 260) s'est engagé dans un projet en partenariat avec l'ENSAIA, Floraine et l’Association des amis de la chèvre de Lorraine, visant à mieux gérer la renouée asiatique. Projet pour lequel l'entreprise vient d'être récompensée dans la catégorie "gestion écologique" du Prix "Infrastructure pour la mobilité, biodiversité et paysage".
Les renouées asiatiques invasives ont été introduites en Europe au XIXe siècle pour leurs qualités ornementales. Échappées des jardins, elles ont colonisé les bords de cours d’eau et les friches sur tout le territoire français. Elles représentent une menace pour la biodiversité mais également un danger pour les infrastructures et pour les usagers de la route. Leurs facultés biologiques leur permettent d’envahir les bords d’infrastructures, posant ainsi des problèmes de vieillissement prématuré des chaussées, des fossés, ou des digues, mais aussi de sécurité.
Le projet de gestion des renouées asiatiques invasives en bord d’infrastructures comprend trois actions principales : synthétiser les connaissances sur les renouées asiatiques invasives, mettre en pratique différentes méthodes de lutte sur la biologie de la plante et s’assurer de la possibilité de valorisation des coproduits de renouées par méthanisation en toute innocuité. Ces méthodes de lutte seront testées sur des massifs expérimentaux et leur efficacité sera évaluée, en prenant en compte les problématiques et contraintes technico-économiques des gestionnaires d’infrastructures. Le volet méthanisation sera pratiqué à l’échelle laboratoire puis dans un méthaniseur agricole.