Pour mieux répondre à leurs problématiques de recrutement, une dizaine de start-ups rouennaises se sont associées à NFactory School pour créer une formation « innovation business developer ». Une vingtaine de candidats vont êtres sélectionnés à l'issue d'une journée de recrutement qui doit se dérouler ces prochaines semaines.
Première en septembre
Digiworks, 42stores, Anfray, Spread, Siqual, Webaxys, Saagie, Cryptoweb ou encore Marché-privé.com ont toutes un point commun : ces entreprises normandes du digital ont un mal fou à recruter des commerciaux ! Face aux lacunes des formations existantes, ces start-up se sont donc associées au Campus Saint-Marc dirigé par Alexandre Martini, par ailleurs président de Normandy French Tech, pour lancer à partir de la rentrée de septembre une formation « innovation business developer ». « Dans le digital, résume le consultant Mounir Megherbi (6bles), on passe plus de temps à expliquer nos métiers qu'à faire de la vente pure, et les écoles ne forment pas les étudiants à cela ! » Même constat chez les entreprises concernées : « les formations type BTS sont souvent aujourd'hui assez éloignées de la réalité du terrain », regrette Virginie Ducreux, co-fondatrice de Spread à l'initiative de la démarche. Avec au final « des profils pas très mûrs pour faire du business plus technique que de la vente classique ». À tel point que Spread a dû faire appel il y a trois ans à un cabinet de recrutement parisien.
Quand les start-ups négligent le commercial
« Ce sont soit des jeunes nés avec le digital mais sans compétences commerciales, soit l'inverse », ajoute Mounir Megherbi qui, avec sa double casquette commerciale -il est ancien président des DCF Rouen-Dieppe- et digitale, a été sollicité pour bien identifier la problématique. « En règle générale, dans les start-ups on trouve de très bons techniciens ; le problème, c'est que l'on place le commercial en bout de ligne. Les entreprises qui sortent la tête de l'eau y viennent au final car ce dont a besoin une start-up, c'est de contrats, de chèques à la fin du mois... » Souvent focalisées sur l'option de la levée de fonds, elles négligent l'essentiel : « on leur demande d'investir dans la technique et on oublie le commercial et le marketing. C'est tout un écosystème et une mentalité à changer », reconnaît le consultant.
Inspirés par l'École 42 de Xavier Niel
Résultat des courses, les dirigeants des entreprises digitales à l'initiative de cette démarche ont imaginé une formation en alternance d'un an, inspirée de l'école 42 fondée par Xavier Niel à Paris. Les 24 candidats retenus à l'issue des sélections vont se voir proposer une formation gratuite, intégralement prise en charge par les entreprises elles-mêmes, avec une journée par semaine en cours et quatre jours en entreprise. L'objectif est clair, résume Virginie Ducreux : « 10 start-ups, une formation et 20 jobs à l'arrivée ! » Après, « ce sera à nous de leur inculquer la culture start-up : chaque personne doit être indispensable ». Autrement dit, insiste Virginie Ducreux, « quand vous partez en vacances, ça doit se voir ! »