Pas moins de 900% de progression du chiffre d'affaire en cinq ans. Cette incroyable croissance en ferait rêver plus d'un. Et c'est en partie grâce à elle que Netika, société spécialisée dans le développement de logiciels pour les laboratoires, a remporté le Deloitte Fast-50 pour la région Est. Ce prix récompense les entreprises dynamiques dans le secteur des nouvelles technologies. Allez, dites-nous, quelle est la recette d'un tel succès? «Il y a plusieurs ingrédients, répond Daniel Klumpp, fondateur et gérant de Netika, sourire aux lèvres. Je pense surtout que nous avons su répondre aux attentes de nos clients en proposant de développer des logiciels, de les installer et d'en assurer le service après-vente. Ce que nos concurrents ne fournissaient pas».
Un service après-vente qui fait la différence
Ce SAV se fait essentiellement via une hotline qui, «lorsque vous appelez, la communication débouche ici, à Strasbourg, et non en Chine», plaisante le jeune patron. 24 des 54 salariés de Netika y travaillent. Ils assurent une assistance, avec prise en main à distance si nécessaire et une astreinte pour les urgences. Plus important encore, les techniciens sont issus du monde du laboratoire. «Ils ont la même façon de parler que les professionnels de la santé auxquels ils s'adressent, ils maîtrisent vraiment leur sujet. C'est très apprécié par nos clients», ajoute Daniel Klumpp. Mélangez un service de qualité avec l'efficacité du bouche à oreille dans ce marché de niche et vous obtiendrez 5,9millions d'euros, le chiffre d'affaire de Netika en 2011. La formule n'aurait pas aussi bien pris sans les deux ingrédients phare de Netika, les logiciels Kalilab et Kalisil. Le premier aide les laboratoires à obtenir des certifications, tout en améliorant leur organisation et leur productivité. Le second permet d'administrer tout le laboratoire depuis l'accueil des patients jusqu'au transfert de données à la Sécurité sociale, en passant par la gestion administrative des dossiers. Développés à la base par Daniel Klumpp pour son père, biologiste, ils équipent désormais 2.200 établissements en France, ce qui correspond à une part de marché de 50% dans l'Hexagone et jusqu'à 90% en Alsace. Enfin, comme dans toutes les recettes à succès, il y a une part de chance. En l'occurrence, un texte de loi voté en 2010 qui oblige les laboratoires à s'équiper de logiciels de contrôle de la qualité pour être accrédités. Un effet incitatif «qui a poussé les plus réfractaires à nous contacter», reconnaît Daniel Klumpp. Pas question pour autant de se reposer sur ses lauriers: il souhaite maintenant développer ses logiciels pour d'autres secteurs, comme la radiologie ou l'industrie. Netika, déjà lauréate du Fast 50 l'an dernier, prépare aussi un développement à l'étranger, dans les pays francophones puis en Amérique. Pour rafler un troisième prix l'an prochain?
INFORMATIQUE Pour la deuxième année consécutive, Netika a gagné le premier prix du Deloitte Fast 50 Grand Est, avec une croissance de 900% entre 2007 et 2012.