Incontestablement, Néopolia est en train de devenir un acteur industriel de poids dans l'Estuaire de la Loire. Le réseau a enregistré une forte hausse de ses adhérents en 2009 (+44%), portant à 120 le nombre de PME membres. L'ancien «Pôle Marine» rassemble désormais 12.000 salariés. De quoi rivaliser-au moins numériquement-avec des groupes de bonne taille.
Une pluie de commandes
Surtout, le réseau commence à bien tourner sur le plan commercial. Depuis septembre2009, les PME de Néopolia ont remporté 30M€ de marchés, principalement dans le secteur aéronautique. «Ces commandes représentent le chiffre d'affaires annuel d'une usine de métallurgie de 500 personnes. Nous sommes donc sur la bonne voie. Il faut continuer car nous sommes toujours en crise et 2010 ne s'annonce pas mieux que 2009», estime Jean-Claude Pelleteur, président de Néopolia, qui évoque «un potentiel de plus de 100M€» sur les appels d'offres en cours. À l'origine de ces bons résultats commerciaux, une certitude: pour survivre, les sous-traitants régionaux doivent se regrouper pour mieux se positionner auprès de leurs donneurs d'ordres historiques et pour aller chercher de nouveaux clients. Ce positionnement et le dynamisme du réseau ont été récompensés en mai, Néopolia étant lauréat, avec 41 autres clusters français, de l'appel à projets «grappes d'entreprises» lancé par l'État. Le réseau devrait en tirer des bénéfices sur le plan financier ainsi qu'en termes de visibilité.
Commerciaux mutualisés
Regroupées au sein de quatre clusters (aéronautique, navale, ferroviaire et «oil & gas», une cinquième branche autour des énergies marines et du nucléaire étant en gestation) disposant chacun d'un nom, d'un logo, d'une plaquette commerciale, les PME sont aujourd'hui en mesure d'aller chercher des marchés. D'autant que le plan Accel+, financé par le conseil régional et l'État, a permis au réseau de doter chaque cluster d'un développeur d'activité, chargé de détecter les appels d'offres et de construire des réponses collectives. Une sacrée évolution pour des sous-traitants qui souffrent trop souvent d'un manque de ressources commerciales. «Ils sont très liés à leur donneurs d'ordres et, du coup, il leur est difficile de faire du commerce. Les développeurs permettent de nous positionner sur de nouveaux marchés», explique Jean-Claude Pelleteur. Cette force commerciale mutualisée est aujourd'hui devenue, selon le président de Néopolia, «indispensable» au réseau de chefs d'entreprise. Ce qui devrait amener le cluster à la pérenniser au-delà du plan Accel+ en demandant à ses membres une petite rallonge financière. «Nous allons faire un Néopolia à deux vitesses. L'adhésion de base sera à 500€, ce qui permettra aux entreprises de bénéficier de nos actions traditionnelles: prospection commerciale, participation à des salons ou à nos réunions thématiques. Nous allons créer à côté de cela une adhésion à 1.500€, avec en plus un pourcentage du chiffre d'affaires obtenu sur les marchés gagnés collectivement, pour ceux qui souhaitent bénéficier des développeurs d'activité. C'est un effort financier supplémentaire, mais au final, l'entreprise peut bénéficier d'un commercial, pour une somme très modique», détaille Jean-Claude Pelleteur.
Bientôt une société?
L'étape d'après sera peut-être la création d'une société commerciale. «C'est une réflexion que nous avons actuellement. Certains de nos clients seraient en mesure de nous confier des commandes récurrentes de 30 ou 50M€. Une société peut leur apporter des réponses en termes de garantie financière et pour les problématiques de maintenance», conclut le président.
Tél. : 02.40.17.21.52
Néopolia est l'une des 42 «grappes d'entreprises» que va soutenir l'État. Une bonne nouvelle pour ce cluster qui cumule les succès commerciaux: 30M€ de contrats ont ainsi été remportés depuis septembre dernier.