L'histoire a souvent le don de se répéter. En 1991, se montait Nantes Atlantique Place Financière (NAPF). À l'époque, cette association qui regroupe les acteurs financiers locaux a été créée en réaction à la fermeture des Bourses régionales. «L'idée était de se fédérer pour maintenir une vie financière dans le grand Ouest», rappelle Gérard Estival, président de NAPF. Objectif accompli, puisque, avec près de 14.000 salariés, Nantes est aujourd'hui la troisième place financière française derrière Paris et Lyon. Une place dynamique, à l'origine de la manifestation Start West ou de la mise en place, avec le conseil régional, des prêts de redéploiement industriel. Alors que l'association vient de célébrer ses vingt ans, la Bourse redevient le centre des préoccupations. C'est cette fois le projet de fusion entre Nyse Euronext et Deutsche Borse qui inquiète. À tel point que les places financières régionales, coordonnées par le Nantais Philippe de Portzamparc-l'un des fondateurs de NAPF-se sont fendues d'une lettre à Christine Lagarde. «Après la fermeture de la délégation régionale d'Euronext il y a cinq ans à Nantes, les centres de décisions vont s'éloigner encore un peu plus. Entre la place significative que vont prendre les marchés dérivés et les politiques tarifaires, le nouvel ensemble s'intéressera plus aux entreprises du Cac 40 qu'aux PME», s'alarme Philippe de Portzamparc. Celui-ci milite pour la création d'une plate-forme de marché répondant véritablement aux besoins des PME et des ETI.
BOURSE Les associations financières régionales s'inquiètent de la fusion entre Nyse Euronext et Deutsche Borse. La crainte: que la place de marché oublie les PME.