À Nantes, la lutte pour l'aéroport
# Conjoncture

À Nantes, la lutte pour l'aéroport

Plusieurs milliers de chefs d'entreprise et de salariés se sont rassemblés en novembre, à Nantes, pour soutenir le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

« Nous nous mobiliserons chaque fois que nécessaire ». Monté sur la plate-forme d'un camion de chantier, une chasuble orange sur les épaules, le logo bleu des pro-aéroports collé sur le torse, Alain Mustière, qui préside, à 70 ans, Des Ailes pour l'Ouest, l'une des associations qui défend le transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes, harangue la foule qui lui fait face.




3.000 manifestants

Elle n'est jamais venue aussi nombreuse pour défendre le projet de plate-forme aéroportuaire nantaise, à l'arrêt depuis le printemps dernier et l'annonce du gouvernement d'attendre la fin des recours. Lors de cette première véritable démonstration de force, les pro-aéroports tendent aussi bien afficher leur soutien à l'État que prévenir les opposants, qu'Alain Mustière compte désormais poursuivre en justice.Selon la quinzaine d'organisations patronales à l'origine de la manifestation parmi lesquelles les CCI, le Medef et la CGPME, trois mille personnes se seraient massées devant la préfecture de Nantes. Chefs d'entreprise et salariés, vêtus pour la plupart de chasubles fluorescentes et de casques de chantier, sont venus défendre l'aéroport de Notre-Dames-des-Landes.




« Défendre l'emploi »

C'est le cas de Marilyn Royer, qui dirige une entreprise de onze personnes, Grand Lieu TP, à La Limouzinière (44), spécialisée dans la location de camions et d'engins de travaux publics. « Je ne suis pas venue que pour l'aéroport, ce n'est qu'une partie du problème. La conjoncture est mauvaise et je pense que c'est important de se mobiliser pour défendre nos emplois et nos salariés », explique la chef d'entreprise. « Vous vous rendez compte qu'un aéroport ne se construit pas parce qu'il y a 150 délinquants à Notre-Dame-des-Landes. Et cela empêche de donner des emplois à 3.000 personnes ! », ajoute François de la Tullaye, un chef d'entreprise membre de l'association Des Ailes pour l'Ouest.Beaucoup de manifestants sont issus du bâtiment et des travaux publics, deux secteurs actuellement fortement touchés par la crise. Ce n'est pas le cas de Sébastien Chadourne, qui dirige le cabinet de conseil nantais Celencia : « On a voté pour des élus qui ont pris des décisions. Il faut que ces décisions soient aujourd'hui respectées, car elles concernent tout le monde, nos emplois, l'attractivité et la dynamique de l'Ouest. C'est pour cela qu'il est important que la majorité silencieuse puisse se mobiliser ». Dans la foule, pas d'hommes politiques. « On ne les a pas conviés. On voulait que cette manifestation soit d'abord celle du monde économique », explique un des organisateurs.




L'UMP et le PS soutiennent

« La préoccupation des chefs d'entreprise rejoint celle des collectivités de maintenir un niveau d'investissement important pour préparer l'avenir. Je ne peux que me réjouir et partager la mobilisation des chefs d'entreprise », réagit Christophe Clergeau, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire. Du côté de l'UMP, on salue également l'initiative patronale. François Pinte, président de l'UMP de Loire-Atlantique, rappelle son « attachement au lancement de travaux d'infrastructures sources de compétitivité et d'emplois ».

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