Nanotechnologies : Principe de précaution.. : en 2013
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Nanotechnologies : Principe de précaution.. : en 2013

Recherche. La plateforme NanoSécurité du CEA entrera en fonction en 2013, dix ans après l'arrivée sur le marché des premiers produits issus des nanotechnologies.

«On ne sait pas s'il y a des risques, il y en a peut-être. L'objectif est donc d'avoir une approche responsable, raisonnable et raisonnée en appliquant le principe de précaution.» C'est avec ces mots que Jean Therme, directeur du Commissariat aux énergies atomiques et alternatives (CEA) de Grenoble a donné le premier coup de truelle de la future Plateforme NanoSécurité (PNS) le 13janvier dernier sur la Presqu'île scientifique grenobloise. Cette première fait écho aux recommandations internationales qui demandaient depuis quelques années des études plus approfondies sur l'usage des nanomatériaux. Dès 2006, un rapport du ministère du Développement durable soulignait «le caractère encore très limité des études d'impact sanitaire des nanotechnologies et la proposition très insuffisante des enveloppes budgétaires destinées à ce type d'investigation».




150 chercheurs

Cette plateforme «unique en Europe» devrait donc permettre de rectifier le tir en instaurant un lieu dédié à l'étude et à la prévention des risques liés au développement des nanomatériaux. Elle comprendra un centre de recherche et de formation, un centre d'entraînement en cas d'accident et un poste de sécurité ouvert 24h sur 24h qui accueillera près de 150 chercheurs sur les nanomatériaux ainsi que des experts en gestion des risques et en santé. Leur mission? Mesurer et réduire l'exposition des salariés à ces nouvelles particules, sélectionner des équipements de protection, étudier le comportement des nanoproduits en fin de vie... Une grande partie des coûts -qui s'élèvent à 17M€- sera financée par la Région (10M€) et l'État (3M€) dans le cadre du plan Campus. Près de 4M€ restent néanmoins à trouver d'ici à la fin des travaux. Et ce, même si le Pôle de recherche et d'enseignement supérieur (Pres) de Grenoble a accepté de se serrer la ceinture pour alimenter ce projet.




«Pas de conflit d'intérêt»

Selon le président de Région Jean-Jacques Queyranne, il n'existe pas de conflit d'intérêt à confier cette mission au CEA, qui représente aussi un acteur de poids dans le développement des nanotechnologies. «Qu'un organisme de recherche s'interroge sur le fruit de sa mission me paraît être au contraire une véritable attitude scientifique. Nous ne sommes pas dans le cadre d'une entreprise qui a des enjeux de productivité mais bien dans le domaine de la recherche.» Il évoque même la possibilité que des experts des sciences humaines travaillent de concert avec les scientifiques au développement d'une «nano-éthique» qui réponde aux questionnements légitimes que se pose la population. De son côté, Jean Therme n'hésite pas à évoquer les partenariats déjà engagés dans le cadre du programme Nano-Innov avec l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles pour certifier que le CEA «ne travaille pas de manière fermée sur ce dossier».




Des produits déjà sur le marché

Les travaux démarrent alors que les nanomatériaux sont déjà entrés depuis une dizaine d'années dans la composition de nombreux produits de consommation courante: crèmes pour le visage, lisseurs pour cheveux, raquettes de tennis... Même les grandes marques comme Chanel ou Adidas s'y mettent. En raison de leur petite taille et de leurs effets sur la matière, les nanoparticules suscitent de grands espoirs dans des secteurs clés de l'économie tels que l'énergie, la médecine, la chimie, l'électronique, les transports, ou encore la défense. Selon une enquête de la Direction générale de la compétitivité et de l'industrie et des services (DGCIS) réalisée en juin2011, environ 300 entreprises françaises se sont lancées dans le développement des nanotechnologies, principalement dans les secteurs de l'énergie, de l'industrie et de la construction. Pour certains poids lourds, tels Arkema, STMicroelectronics ou NXP Semiconductors, il s'agit d'un marché qui représente déjà 20 à 30% de leur chiffre d'affaires.

En savoir plus



www.nanosmile.org


www.nanotechproject.org

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