La ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, Christine Lagarde, est venue le 17juillet, sur le site de STMicroelectronics à Crolles pour officialiser le soutien de l'État au programme de recherche et développement Nano2012. Ce projet, qui vise à renforcer l'industrie électronique européenne grâce au développement de nouvelles technologies semi-conducteurs en 32 et 22 nm à Crolles et Grenoble, rassemble parmi les acteurs majeurs STMicroelectronics, le CEA-Léti et IBM. Nano2012 représente un programme d'investissements de 1,25 Md$ (environ 876M€ sur cinq ans, 2,3 Md€ de dépenses de R & D et la création de 660 emplois additionnels à Crolles et Grenoble).
Écosystème technologique
Carlo Bozotti, p-dg de STMicroelectronics, a rappelé que la société a «investi depuis 1992 3,6Md$ en capital et 2,6Md$ en R & D. (...) Nous avons créé 4.000emplois directs à Crolles et plus de 16.000à proximité ainsi que 9.000emplois additionnels en France. (...) Et au-delà de ces chiffres, nous sommes fiers d'avoir contribué à la construction d'un écosystème de haute technologie de niveau mondial.» Lors de son intervention, la ministre a pour sa part relevé trois «conditions du succès» du projet: «le partenariat public-privé», l'État et les collectivités locales apportant notamment 457M€ de financement; «la démarche stratégique permettant de garder sur le territoire français la fabrication, l'innovation et les investissements»; «la capacité d'unifier et de coordonner» des efforts différents pour créer un effet de levier. Selon elle, ces critères sont «les meilleurs accélérateurs possibles pour avoir un coup d'avance sur le coup d'après».
«Un impôt imbécile»
Carlo Bozotti estime quant à lui que «ce programme confirme l'attractivité de la France pour la R & D», qui tient notamment à «la politique d'incitation cohérente et novatrice en faveur de la R & D et aux bonnes conditions opérationnelles pour les entreprises». Il a notamment loué les intérêts du crédit impôt recherche et de la révision de la taxe professionnelle. Christine Lagarde se félicite également de la réforme de la taxe professionnelle, «un impôt imbécile» qui crée un lien entre le foncier et l'investissement productif. Elle souligne toutefois le besoin de garder un lien entre l'entreprise et la collectivité, le maintien de ressources locales, d'une autonomie financière, et prône «une formule dynamique» avec un taux national et un ajustement local. «La réforme est doublement importante pour en finir avec une part imbécile et soutenir les politiques industrielles pour maintenir les capacités de production sur le territoire. (...) La démarche stratégique consiste à ce que la France conserve une avance technologique pour les générations futures.»
Christine Lagarde est venue soutenir le programme Nano2012 et défendre la réforme de la taxe professionnelle.