Le programme de l’année 2018 s’annonce chargé pour MVO. Ce ne sont pas moins de quatre unités de stérilisation de dispositifs chirurgicaux que l’entreprise du Mans va ouvrir l’an prochain. À Nantes, elle devrait s’installer en mai 2018 dans les locaux tout juste sortis de terre du Pôle Santé Nantes Atlantique. Dans le même temps, le Sarthois implantera une nouvelle unité de stérilisation au sein de la clinique Saint-Jean l’Hermitage de Melun. Deux autres installations sont planifiées à Tours durant l’été 2018 et Bordeaux en décembre suivant. MVO rayonnera ainsi sur une douzaine de sites sur un arc allant de Lille à Bordeaux.
S’implanter au coeur des CHU
Un beau développement pour cette PME familiale créée en 2008 par Serge de Poix, ancien dirigeant du fabricant de disques mayennais MPO et actuel président de la société. « Il a apporté le savoir-faire industriel en termes de management, gestion des flux et traçabilité. MPO était déjà identifié dans le domaine de la stérilisation. On s’est donc intéressé davantage au domaine médical lors du rapprochement des cliniques mancelles qui a amené la création du Pôle Santé Sud », détaille son fils Ludovic de Poix, directeur général de MVO. La bonne idée de l’entreprise consiste alors à s’implanter au coeur du centre hospitalier, au contraire de ses concurrents qui gèrent plusieurs sites depuis un seul établissement. « Nous avons été les premiers à adopter cette approche in situ, poursuit le dirigeant. La clé, c’est d’être au plus près du client pour une meilleure efficacité. »
4 h 30 de traitement
Dans les différents établissements où MVO travaille, ses équipes ont la charge de stériliser tout le matériel réutilisable d’un bloc opératoire. Des instruments de chirurgie qui sont chargés et nettoyés automatiquement dans des machines de lavage puis stérilisés à la vapeur d’eau ou à basse température selon la nature du matériel. « On s’occupe d’instruments fragiles, incorporant des moteurs ou de l’optique, sur lesquels on intervient manuellement.Toutes les étapes sont tracées afin de rendre au chirurgien une boîte d’instruments conforme. » Très automatisé, le process permet à MVO de proposer un délai de traitement de 4 h 30 à ses clients. Un véritable atout dans le contexte actuel. « Le développement de la chirurgie ambulatoire signifie une hausse des actes courts. Plutôt que d’investir dans davantage d’instruments, les établissements préfèrent qu’on leur délivre stérilisés plus rapidement », explique Ludovic de Poix. Avec des budgets en tension, les hôpitaux s’épargnent également des investissements lourds en sous-traitant cette activité. Le coût d’une unité de stérilisation variant de 500 000 à 2,5 millions d’euros, en fonction de sa taille.
150 salariés en juillet prochain
Des unités, dont l’investissement est entièrement porté par MVO, qui nécessitent le recrutement de 10 à 30 personnes pour chacune d’entre-elles. Avec le développement de ses nouvelles antennes, la PME passera l’été prochain de 110 à 150 salariés. Côté chiffre d’affaires, Ludovic de Poix pronostique 7 millions d’euros en 2018, contre 6 millions sur l’exercice de cette année. « On sera sur cette même tendance en 2019. Aujourd’hui, on profite des regroupements d’établissements qui génèrent de nouveaux services de stérilisation. Mais les projets sont longs à faire aboutir. 90 % des établissements internalisent encore cette activité… »