«J'ai repris une entreprise qui perdait un million d'euros par an. En 2012, nous devrions être à l'équilibre. L'année 2013 sera celle d
e la stabilisation et du développement».
Dossier épineux
Thomas Wilson a repris l'entreprise Munster fin 2010 au groupe Transalliance. Ce dernier avait lui-même racheté l'enseigne seulement quatre ans plus tôt à Jean Munster. Le groupe comptait alors plus de 500 salariés. 4 ans plus tard, en raison de multiples réorganisations et redécoupages de son périmètre, l'entreprise n'en comptait plus que 105. «Le climat social était hyper tendu. Jean Munster était un entrepreneur paternaliste. Son départ n'a pas forcément été très bien vécu par les salariés. Et puis, il ne déléguait pas beaucoup. Du coup, l'organisation de l'entreprise a été très fragilisée lors de la reprise», raconte Thomas Wilson. Il poursuit: «J'étais dans l'entreprise depuis quelques mois, je dirigeais la région Rhône-Alpes pour Transalliance. Je savais que le dossier était compliqué. Mais j'avais vu un potentiel intéressant dans cette PME. Transalliance voulait s'en séparer. Je savais que si je ne la reprenais pas, elle était vouée à disparaître. En raison du climat social d'une part, de la crise et des résultats financiers d'autre part».
Une année 2011 compliquée
Avec 16millions d'euros de chiffre d'affaires, beaucoup moins que ce que Thomas Wilson attendait de sa première année de reprise, l'année 2011 a été plutôt compliquée. «Tous les camions étaient à Transalliance, il a fallu investir presque 9millions dans des nouveaux moteurs. Et puis, un gros client nous a lâchés. On savait qu'il était en discussion ailleurs mais on espérait le garder... C'était un contrat à 3millions d'euros!» se souvient Thomas Wilson. Une perte de chiffre d'affaires compensée néanmoins en partie par le lancement d'une nouvelle activité: le balisage de chantiers sur la région parisienne. «Il s'agit d'installer une grue sur un plateau pour poser les balises sur un chantier autoroutier par exemple. À part le plateau, ça n'a pas grand-chose à voir avec notre activité de transporteur!», reconnaît le nouveau patron de Munster qui évoque une opportunité et un développement intéressant sur une niche. L'investissement matériel a été lourd, 3,5millions d'euros, dans cette nouvelle unité parisienne mais les retombées se sont avérées plus que correctes.
Se recentrer sur son coeur de métier
Malgré les bons résultats de cette branche balisage, Thomas Wilson a décidé de céder cette activité. Une cession effective depuis quelques jours. «C'est une activité qui demande énormément d'investissements matériels. Nous nous sommes trouvés coincés en terme de besoins en fonds de roulement. Nous étions trop justes». Le nouveau dirigeant ne revoit néanmoins pas ses ambitions à la baisse puisque ces nouvelles liquidités vont lui permettre, notamment, de mener à bien une opération de croissance externe. Munster doit racheter, dans quelques jours, un de ses concurrents parisiens. Cette acquisition hissera l'entreprise parmi les leaders français du transport sur plateau. Au final, grâce à ces repositionnements et au développement d'une nouvelle activité, le nettoyage industriel, l'entreprise devrait atteindre les 25millions d'euros de chiffre d'affaires dès 2013, un chiffre plus en adéquation avec les espoirs de Thomas Wilson. «Cela nous permettra de dépasser le seuil critique des 20millions d'euros. Dans notre métier, en dessous de ce seuil, une entreprise doit fonctionner de façon plus artisanale. Du fait de l'historique du groupe Munster, nous n'étions pas organisés ainsi. Il faut donc augmenter notre chiffre d'affaires pour dégager des marges intéressantes».
Munster
(Saint-Just-Saint-Rambert) Dirigeant: Thomas Wilson Effectif: 135 salariés Chiffre d'affaires: 18M€ 04 77 36 03 90