La grue est visible, de loin, sur cette zone industrielle vendéenne, située au bord de l'autoroute A87, sortie La Verrie - Le Puy du Fou, en direction La Roche-sur-Yon. Les travaux de la future plate-forme logistique HQE de Mulliez-Flory, qui s'étendra à 6.000 m² et culminera à 13 mètres de haut, ont débuté en septembre, sur le Vendéopôle du Pays de Mortagne-sur-Sèvre. A sa livraison en mai 2016, le fabricant de vêtements professionnels (270 salariés en France) disposera d'une capacité de stockage de huit millions de vêtements. L'investissement s'élève à cinq millions d'euros, bâtiment et terrain compris (25 hectares au total). Exit le projet d'extension de son siège du Longeron dans le Maine-et-Loire. La plate-forme regroupera son actuel site de Mortagne, celui du Longeron (qui conservera un espace logistique pour le secteur santé) et la gestion de stocks jusqu'ici externalisés chez Le Roy Logistique aux Herbiers. L'opération aura été rapide. Permis de construire obtenu en un mois, travaux lancés un peu plus de quatre mois après la décision de construire... « ça c'est la Vendée » s'est amusé le dirigeant de Mulliez-Flory, Jacques Gindre, lors de la pose officielle de la première pierre, fin octobre.
Extension prévue
Le président du directoire du groupe s'est montré ambitieux, évoquant « un doublement prévu du site, avec 6.000 m² supplémentaires », bientôt ajoutés à moyen-terme, voire à court terme. Un second chantier estimé à deux millions d'euros.
Côté emploi, le site réunira environ 35 salariés au démarrage, avec une perspective de 15 à 20 créations de postes suite à l'extension.
De la conception à la livraison
Si le futur équipement offrira la posssibilité à terme « de doubler le chiffre d'affaires et les volumes », il a aussi valeur de symbole. Il illustre en effet la stratégie d'activité 100% intégrée, de la création (« le style ») et du bureau d'étude, jusqu'aux prototypes, à la confection réalisée dans trois usines en propre en Tunisie notamment ou en Asie, la logistique pour livrer le client, le SAV, la communication... « Mulliez-Flory maîtrise l'ensemble de la chaîne de valeur, souligne Jacques Gindre. Sur ce point, on peut dire qu'on est atypique. Cela évite les cumuls de marges liées à la sous-traitance et qui se retrouvent dans le prix de revient du produit». Autre intérêt, garder un contact étroit avec le client final «car quand vous collez à leurs besoins, ils ne veulent plus vous lâcher », explique le dirigeant. Figurant parmi le top 3 du vêtement professionnel, sur le secteur privé (un marché qu'elle estime à 600 M€), la PME fondée en 1824 a pris un virage il y a dix ans. Passée de 430 salariés français en 2000 à 150 en 2003, elle a depuis opéré une restructuration, intégré davantage d'étapes de la chaîne du textile, en rachetant au passage des sous-traitants en Tunisie (450 salariés aujourd'hui), et en s'orientant vers du textile plus high-tech. Depuis les effectifs français sont repartis à la hausse. Jacques Gindre, qui « n'a jamais connu de perte d'exploitation » depuis son arrivée à la tête du groupe il y a 17 ans, dispose aujourd'hui de 22 millions d'euros de fonds propres. Et ambitionne de franchir la barre des 100 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2020. Une croissance externe est envisagée.
1,5 million de personnes habillées par le Choletais
Produisant 7 millions d'articles par an, le Choletais habille pas moins d'un million et demi de personnes. Ses références s'étendent des vêtements de travail des salariés de Peugeot ou Michelin, jusqu'à ceux de Système U, ou encore d'Intermarché, de EDF et des équipes du château de Versailles (trois derniers contrats signés en 2015). De l'ensemble avec tablier et toque pour les bouchers de grande surface aux costumes et tailleurs de luxe... A noter que 30% du chiffre d'affaires concerne le secteur de la santé, (draps de lits, taies d'oreillers, vêtements des personnels hospitaliers...).
Gros appels d'offres publics en vue
Pour croître, l'entreprise de textile marche essentiellement sur deux pieds. Notamment sur des applications high-tech (voir encadré), du textile connecté et intelligent, mais aussi sur la chasse aux grands appels d'offre publics, comme ceux de la gendarmerie ou de la police. Elle habille déjà des chauffeurs, contrôleurs et personnels de maintenance de la RATP. Un nouveau gros contrat de ce type pourrait déclencher l'extension de la plate-forme vendéenne. « Certains donneurs d'ordre nous demandent: comment vous allez faire, si on vous passe une commande massive?. Leur répondre qu'on dispose de 6.000 m² et demain 12.000 m² de logistique rassure, explique Jacques Gindre. Sachant qu'on peut être réactif. Si demain on décide d'étendre, en trois mois le bâtiment sort de terre... »
Florent Godard
Mulliez-Flory
(Le Longeron) Président du Directoire : Jacques Gindre 750 salariés 63 M€ de CA Tél.: 02 41 63 78 10 www.mulliez-flory.fr