Audace et ingéniosité. Tels sont les maîtres mots qui ont guidé Jean-Philippe Krischer dans le développement de Seagull, fabricant de chars à voile à Ploeren. « La marque de fabrique de la société, c'est de savoir créer la demande en innovant continuellement. Nous avons toujours un ou deux prototypes sur le feu », indique le fondateur et dirigeant de la société. Actuellement, c'est sur un concept de char à voile qui faciliterait, sur un plan logistique, l'accès à cette discipline que Jean-Philippe Krischer travaille. Sa dernière création à avoir été commercialisée est « L'Urban », doté d'un volant et d'un pédalier, pour davantage de maniabilité et une pratique même par manque de vent. Le patron de Seagull en est convaincu : « il aura sa place dans les villes dans peu de temps ».
32 ans d'existence
Créée en 1984 en Touraine, implantée zone de Mané-Coëtdigo à Ploeren depuis 25 ans et repérable à la statue de la Liberté qui lui sert de totem, Seagull a trouvé sa vitesse de croisière. Le chiffre d'affaires, qui a connu une croissance de 10 % par an pendant les quinze premières années, s'est stabilisé depuis autour des 750.000 euros. Selon la volonté affirmée de Jean-Philippe Krischer : « notre priorité n'est pas de continuer à croître pour croître mais de répondre de façon satisfaisante à nos clients ».
Clientèle de particuliers et de clubs de chars à voile
Seagull sort en moyenne 250 chars à voile par an. Des engins mis au point et assemblés dans les locaux de Ploeren, « le moulage des pièces étant confié à des sous-traitants », précise Jean-Philippe Krischer. Leader dans son domaine, le constructeur morbihannais propose la plus large gamme de modèles, une douzaine, du « transportable dans le coffre d'une voiture » jusqu'aux modèles de compétition ou chars d'initiation. Des engins vendus en direct à une clientèle composée à part égale de clubs de chars à voile (situés sur le littoral ouest de la France, des plages de Gironde jusqu'aux frontières de la Belgique) et de particuliers. « On a commencé à se faire connaître avec la compétition », observe Jean-Philippe Krischer qui n'a pas hésité à mouiller le maillot pour prouver de la qualité de ses chars. Ce dirigeant morbihannais a ainsi lui-même été plusieurs fois champion d'Europe et du monde.
7 % du CA à l'export
Pour garder une longueur d'avance, près de 6 % du chiffre d'affaires sont investis chaque année dans la R & D. « En dépenses réelles mais j'y consacre aussi près de la moitié de mon temps et ça, ce n'est pas quantifiable », insiste Jean-Philippe Krischer. La visibilité de Seagull sur internet lui a permis de capter une clientèle étrangère. « Des ventes aux coups par coups, pour des particuliers ou des bases au Portugal, en Italie, mais aussi en Hongrie ou, dernièrement, en Équateur », détaille Jean-Philippe Krischer. Une part export qui représente 7 % du CA et que le patron de Seagull aimerait voir grossir, tripler dans l'absolu. Si la France reste la capitale mondiale du char à voile, « il existe un terrain, peut-être via le tourisme, pour développer la pratique et les bases dans le monde », en est persuadé Jean-Philippe Krischer. Et même d'imaginer, « la création d'un grand " wind center " un peu à l'instar la station de sport d'hiver " Ski Dubaï " ». De l'audace, toujours de l'audace...
Repérable à sa statue de la liberté à Ploeren, Seagull sort 250 chars à voile en moyenne par an. Après avoir augmenté de 10 % par an pendant quinze ans, son CA s'est stabilisé autour des 750.000 euros. Rester innovant est la priorité de son dirigeant, Jean-Philippe Krischer.