Montabert : Investissements à Saint-Priest
# Industrie # Investissement

Montabert : Investissements à Saint-Priest

MÉCANIQUE L'inventeur du brise-roche hydraulique poursuit ses efforts d'innovation et renforce sa capacité de production. Il vient d'inaugurer à Saint-Priest un nouveau centre d'usinage qui a nécessité un investissement de 1,5M€ et prévoit d'investir 3,5M€ cette année.

Ses perforateurs HC110 ont été utilisés dans le creusement du tunnel de la Croix-Rousse, une première en France. Mais c'est surtout hors frontières que Montabert s'illustre: l'entreprise de Saint-Priest réalise en effet 85% de son chiffre d'affaires à l'export. Et l'avenir devrait renforcer encore cette tendance. «Qu'il y ait crise ou pas, on n'y peut rien. Mais on peut se préparer, analyse Maurice Stanich, P-dg de Montabert. Nous visons donc les marchés qui ont le plus de chance de s'en sortir: le Brésil, où l'on est déjà leader, la Russie, où l'on démarre tout juste, l'Inde, où l'on monte en puissance, et la Chine, où nous sommes bien placés. Parallèlement aux Bric, nous visons les pays qui risquent d'échapper à la crise en raison de la présence de ressources naturelles comme le Canada, l'Afrique du Sud, l'Australie, la Norvège et l'Algérie.»




Made in France

Maurice Stanich défend avec fougue le made in France de l'entreprise - à capitaux coréens puisqu'elle a été rachetée par Doosan en 2007 - qu'il dirige. Lors de l'inauguration, en février, de son nouveau centre d'usinage, pour lequel 1,5M€ a été investi en 2011, il a ainsi défendu avec virulence sa stratégie offensive. «Montabert, c'est de la mécanique de précision. Le processus de fabrication est compliqué, complet, il demande la maîtrise de toutes les étapes du process. Tout est fait ici, vous n'êtes pas dans une usine tournevis! Nous nous insurgeons contre la résignation et même la démission. Il est possible aujourd'hui et demain de faire de la mécanique en France, de la vendre dans le monde et de faire des profits!» Le fabricant d'équipements hydrauliques de démolition et de forage, qui vise les marchés des travaux publics, des mines et des carrières, va poursuivre ses investissements en 2012. Plus de 3,5M€ seront injectés dans l'acquisition de quatre nouvelles machines de production de pièces. «Nous sommes les seuls à fabriquer ce type de produits dans le groupe, souligne Maurice Stanich. Nous sommes d'ailleurs atypiques car l'essentiel de l'activité des autres usines consiste à faire de l'assemblage.»




Vingt embauches

Le dirigeant prévoit un c

hiffre d'affaires 2012 de 102M€, contre 85M€ en 2011, avec un résultat d'exploitation de 15M€, en progression de 50%. L'effectif, de 350 personnes, devrait être étoffé par une vingtaine d'embauches. «À conjoncture égale», précise Maurice Stanich, qui rappelle le manque de visibilité du marché. En 2008-2009, l'entreprise avait connu une «dépression énorme» à cause de la crise: le chiffre d'affaires avait chuté de 47%, le personnel avait dû être réduit de 450 à moins de 300 personnes. «Nous avons limité la casse et vite rebondi. Dès décembre2009, l'activité est redevenue positive et nous avons dégagé des profits en2010 et2011.» Un trou d'air violent qui n'a pas dévié Montabert de sa stratégie: «Le succès est possible avec une politique constante d'innovation, les compétences de nos ingénieurs, la formation continue des employés et des ouvriers, l'investissement dans les outils de production, un réseau local solide de fournisseurs et de sous-traitants, soulignait Maurice Stanich lors de l'inauguration. C'est la combinaison de ces éléments qui constitue la pierre angulaire de notre stratégie».

Montabert



(Saint-Priest) P-dg: Maurice Stanich Chiffre d'affaires 2011:85millions d'euros 350 salariés www.montabert.fr

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