Tony Herblot,
Président de Mode Grand Ouest, organisation professionnelle qui fédère 90 entreprises de confection (6.500 salariés)
et P-dg de Socovet
À l'heure où la question du «made in France» devient un véritable enjeu avec la campagne présidentielle, comment se porte l'industrie textile dans le grand Ouest?
«C'est l'une des premières industries
qui a été touchée par les délocalisations il y a vingt ans. Pour résister, nous avons dû monter progressivement en gamme, du milieu de gamme jusqu'au luxe, et abandonner la confection de grandes séries pour les petites séries. Cette stratégie nous permet d'exister avec une génération de nouveaux entrepreneurs qui sont arrivés à la tête de nombreuses entreprises. Pour monter en gamme, nous avons dû former nos salariés afin de gagner en polyvalence et d'être réactifs.
Vous êtes soutenus par le secteur du luxe?
«Les grandes marques du luxe et du très haut de gamme ont pris conscience en 200
9, avec l'action du gouvernement, qu'il fallait garder un savoir-faire dans l'Hexagone. Si toutes les marques françaises du niveau de gamme d'Agnès B, qui produit aujourd'hui encore 40% de ses volumes en France, rapatriaient seulement 5 à 10% de leurs productions, la filière irait mieux, c'est sûr. Le problème c'est que nous ne connaissons pas la stratégie de ces marques avec qui nous avons peu d'échanges et qui peuvent parfois nous considérer comme de simples exécutants. Comment alors anticiper leurs besoins sans concertation?
Quelles sont les perspectives pour vos entreprises?
«Le premier enjeu concerne l
a transmission du savoir-faire. Nous avons du mal à recruter alors que la moyenne d'âge dans nos entreprises est de 47 ans et que nous allons devoir renouveler plus du tiers de nos effectifs dans les dix prochaines années. Nous cherchons donc à attirer, nous formons de nouveaux personnels, mais nous souffrons d'un déficit d'attractivité et il n'y a plus, ou presque, de formation à ces métiers dans l'Éducation Nationale.» Tél. : 02 41 75 29 29
- TROIS QUESTIONS