Minalogic : Une entreprise humaine et collective

Minalogic : Une entreprise humaine et collective

Pôle de compétitivité. Pour ses cinq ans, Minalogic a esquissé les évolutions à venir, en rappelant l'importance de la création de start-up et de leur financement.

Le pôle de compétitivité mondial Minalogic se veut un lieu de rencontres, d'innovations et de création d'emplois et de richesses. C'est autour de ces thématiques qu'ont débattu les intervenants à la journée des cinq ans du pôle. Si «le pôle a débuté par les projets, il est devenu avant tout une mise en réseau d'acteurs qui n'en avaient pas l'habitude», analyse Loïc Liétar, président du pôle et vice-président de STMicroelectronics. Mais dans les cinq prochaines années, il veut voir émerger des entreprises leaders mondiales et des start-up.




Rebelles et frustrés

Or, selon Hervé Lebret, responsable du dispositif "Innogrants" et enseignant à l'École polytechnique fédérale de Lausanne, «la création, c'est s'opposer à l'existant. Nous avons besoin de rebelles pour cela». Minalogic doit effectivement «attirer plus d'entrepreneurs, des frustrés et des insatisfaits qui vont s'approprier un projet pour créer une entreprise», soutient Laurent Malier, directeur du CEA-Léti. Il souhaite d'ailleurs embaucher dorénavant «plus de profils d'entrepreneurs qui ont les tripes pour créer une start-up, et moins de profils technologiques dans les post-doctorants. Car l'atout principal d'une start-up, ce n'est pas la technologie, qui n'est que la cerise sur le gâteau, mais bien la valeur ajoutée qu'elle dégage.» Claude Lemardeley, P-dg de Mootwin, aimerait également que la stratégie prime sur la technologie dans le réseautage, à l'instar de ce qui se pratique dans la Silicon valley aux États-Unis. «En Californie, vous avez la possibilité de parler à n'importe qui sur votre seule valeur ajoutée, sans considération d'effectif ou de chiffre d'affaires. Mais en cinq minutes vous devez parler de la stratégie de votre entreprise, pas de sa technologie ou de son modèle de vente. En France, la stratégie est encore taboue.» Faudrait-il adopter aveuglément ce modèle américain? Nayla Farouki, philosophe et historienne des sciences et des idées, avoue «un malaise dans la comparaison France/pays anglo-saxons. Pour être éducatif, il ne faut pas se flageller mais prendre les atouts de notre culture et bâtir autour en apprenant des autres. D'autant plus que l'écosystème grenoblois est clairement ancré dans l'histoire de la région. Il est précieux de garder l'enracinement, de ramener l'histoire dans l'esprit des gens.» Ce que les entrepreneurs de Minalogic aimeraient apprendre des Anglo-saxons, c'est bien leur capacité d'investissement dans les start-up. «Aux États-Unis, les investisseurs sont d'anciens entrepreneurs qui savent de quoi ils parlent», relève Hervé Lebret. «Ils connaissent le marché et ont la capacité d'investir, ajoute Claude Lemardeley. L'investisseur américain le fait avec de l'ambition, des objectifs et des capitaux, quand le Français sera timide dans l'acte...»


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