Travailler devrait toujours être " je participe à un projet ". " Je ", c’est-à-dire une personne dans son entièreté, avec ses compétences techniques et ses qualifications, mais aussi ses manières de faire, de dire, de parler, ses émotions, ses convictions, sa sensibilité. Bref, une personne non remplaçable par une autre. " Qui participe ", autrement dit une personne qui est active dans la définition et la mise en œuvre de l’organisation du travail. Ce n’est pas, bien sûr, une personne qui définit le contenu et la forme du travail, mais chaque personne, à son niveau, qui y participe. " À un projet ", c’est-à-dire à une activité dont la finalité est claire et est liée, d’une manière ou d’une autre, au bien commun.
Reconnaître la singularité des personnes
Du côté des entreprises, mettre au travail les salariés passe par la mise en œuvre réelle de trois principes. Le premier est de reconnaître les personnes comme n’étant pas simplement une ressource productive, mais en reconnaissant leur singularité, leurs atouts, leurs potentiels comme leur vulnérabilité et en y adaptant leur situation de travail et leur condition d’emploi. Cela suppose d’appliquer le principe de subsidiarité en confiant aux personnes les plus pertinentes le pouvoir de décision sur leur travail, indépendamment du niveau hiérarchique. Cela suppose enfin de travailler constamment la question du sens : globalement, celui de l’activité, mais aussi localement, celui du travail demandé dans chaque situation. Mettre au travail les personnes suppose une éthique managériale adossée à ces trois éléments.
Participer à une activité collective
Du côté des individus, il s’agit de se mettre au travail en s’impliquant en tant que personne et en acceptant de prendre ses responsabilités. Cela suppose au minimum deux choses. La première est de se considérer au travail comme membre d’un collectif, d’une équipe. Les personnes ne sont irremplaçables que dans leurs interactions avec les autres. La seconde est d’accepter de mobiliser sa pensée et son intelligence. Se mettre au travail, c’est accepter de participer pleinement, de manière productive, mais aussi créative, à une activité collective.
La responsabilité des entreprises est d’offrir aux salariés des situations dans lesquelles ils peuvent s’investir en tant que personnes en participant à un projet qui a du sens. Lorsque c’est le cas, alors la responsabilité des salariés est de se mettre au travail en mobilisant ce qui, en premier lieu, fait de nous des humains : les autres et notre intelligence.