Bas-Rhin
« Merck va transférer une partie de sa production allemande à Molsheim »
Interview Bas-Rhin # Industrie # Investissement

Jean-Philippe Maurer responsable des Opérations sur le site Merck à Molsheim. « Merck va transférer une partie de sa production allemande à Molsheim »

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Merck, le groupe familial allemand emploie 53 000 personnes dans 66 pays. Le géant réalise un CA de 15,3 Md € dans de nombreux secteurs industriels. Jean-Philippe Maurer, responsable des Opérations à Molsheim, détaille l’actualité du site alsacien.

Jean-Philippe Maurer, directeur des opérations du site de Molsheim, a intégré l’entreprise en 1982 en tant qu’électrotechnicien — Photo : Merck

Le Journal des Entreprises : Quelles sont les activités du site Merck de Molsheim (Bas-Rhin) ?

Jean-Philippe Maurer : Merck conçoit et fabrique des produits destinés à l’industrie de la santé, des sciences de la vie et des matériaux de haute performance. A Molsheim, Merck, racheté à l’américain Millipore en 2010, est spécialisé plus précisément dans les produits de fabrication et les solutions appliquées, dans le domaine des sciences de la vie. Il s’agit, par exemple, de produits de contrôles microbiologiques, de systèmes de purification d’eau, etc. pour des clients tels que les laboratoires d’analyses ou même des centrales nucléaires.

La production est exportée à 85 %. Molsheim se positionne ainsi comme le troisième site le plus important du groupe au niveau mondial. Celui-ci s’étend sur 14 hectares et 45 000 m² de bâti. Il emploie 1 400 personnes. En 2018, nous dépasserons le milliard d’euros de CA, contre 989 M€ en 2017. Chaque année, nous investissons 10 M€ dans la maintenance et les capacités de production, pour répondre à la croissance de la demande sur l’essentiel des produits.

« Merck va investir 25 millions d'euros à Molsheim »

Une vague d’investissements est en cours sur le site alsacien. Quels en sont les enjeux ?

J-P. Maurer : Le groupe va transférer la production des activités biomonitoring de son site industriel d’Eppelheim, en Allemagne, vers celui de Molsheim, à l’horizon 2019-2020. L’investissement pour la construction du bâtiment et son équipement industriel est estimé à 15 M€. L’objectif est d’y produire des cassettes de milieux de culture et proposer ainsi près de 500 références supplémentaires, parmi les 10 000 produits manufacturés différents fabriqués à Molsheim. Une centaine d’emplois sera créé. En Allemagne, le site, qui embauche 200 personnes, est contraint par un manque de capacité d’extension. J’aimerais bien que certains salariés allemands acceptent de venir travailler à Molsheim, afin d’apporter leur expérience sur le site. Notre argument pour attirer les équipes allemandes est que le site dispose d’une taille critique et donc de capacités d’évolution professionnelle.

Merck Molsheim va également abriter, d’ici à la fin d’année, un centre de collaboration de 4 000 m² pour accueillir les clients d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique. Ces deux dernières zones géographiques étant des axes de développement pour Merck, sur les marchés de la chimie, de la pharmacie et de l’agroalimentaire. L’investissement s’élève à 10 M€. Nous proposons déjà ce service, mais dans un bâtiment situé à Dachstein (Bas-Rhin), devenu obsolète.

Merck est intégré dans le paysage industriel alsacien. De quelle manière ?

J-P. Maurer : L’entreprise est implantée en Alsace depuis 1972. A l’époque, elle employait 10 personnes. Aujourd’hui, nous sommes l’un des plus gros employeurs du bassin de Molsheim et un salarié sur deux est un cadre. Ce qui est particulier pour un site industriel est que notre effectif est composé à 60 % de postes industriels et à 40 % de postes non-industriels. Les changements de parcours professionnels sont possibles. Moi-même, j’ai intégré l’entreprise en 1982 par la porte de la technique, en tant qu’électrotechnicien.

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