«Si on n'y parvenait pas, ce serait une déception personnelle. On a tous les atouts en poche pour intéresser des investisseurs: des résultats positifs, une croissance annuelle à deux chiffres, des fonds propres multipliés par cinq (320.000euros), des projets innovants et à l'étranger. Je ne crois pas que la conjoncture soit une barrière.Je suis sûre qu'on peut y arriver.» En congé maternité cet été, Charline Colineau a affûté ses armes pour son retour prévu en octobre. Car la jeune présidente (30 ans) de Medialibs chassera à l'automne une espèce recherchée, presque devenue rare: les investisseurs. Avec un objectif en tête: réaliser un tour de table de 2millions d'euros.
Une croissance de 15%
Dans une période où les financiers se montrent parfois frileux, le pari est osé. Mais l'équipe dirigeante de l'éditeur de logiciel de gestion de projets web et mobiles est ambitieuse. En croissance continue, Medialibs devrait finir l'exercice 2012, à fin juin, aux alentours de 940.000euros de chiffre d'affaires (+15%) pour un résultat net compris entre 40 et 50.000euros, selon les derniers ajustements comptables.
«Aller plus vite
» La société de Saint-Florent-Le-Vieil estime avoir dans ses gênes un produit suffisamment unique et innovant pour conquérir d'abord la France, avant de sortir des frontières. Ce produit phare? Le webo-factory. Ce logiciel de gestion de projets web et mobiles est destiné aux agences de communication qui proposent des supports digitaux. Cette solution clé en main a nécessité environ trois à cinq ans de développement.Selon l'entreprise fondée en 2005 par Pierre Rochouane, toujours actionnaire, il n'existe aucun produit identique sur le marché. Ce positionnement lui offrirait donc un espace de conquête de parts de marché. Ce logiciel touche 300 agences de toutes tailles, 3.000 concepteurs de sites web et près de 15.000 utilisateurs au total. «On aide les agences à se digitaliser avec un réel accompagnement de la clientèle via des formations, un support technique, des conférences, etc. Cela nécessite une vraie présence sur le terrain. Il y a un potentiel à exploiter, pense Charline Colineau, arrivée en 2007 comme cadre administrative et marketing. On peut continuer à croître à ce rythme mais on va mettre 10 ans dans un secteur du digital qui nécessite d'aller vite.On doit devenir un acteur incontournable.»
Après le Canada, Medialibs vise l'Europe
La levée de fonds escomptée permettrait de lancer plusieurs chantiers en même temps. Le premier serait de recruter des développeurs et des commerciaux afin d'accélérer les ventes sur toute la France confinée aujourd'hui au grand Ouest, de Lille à Bordeaux. À trois ans, Medialibs prévoit de doubler ses effectifs pour passer à 40 personnes. Mais le regard se tourne également vers. Déjà présente avec une filiale au Canada, lancée comme un «laboratoire», Medialibs entend démarrer une conquête commerciale en Amérique du Nord, en Europe avec les pays francophones et en Afrique du Nord avec une présence physique sur place. Ambition 2018: atteindre 12millions d'euros de chiffre d'affaires.
Medialibs
(Saint-Florent-le-Vieil) P-dg: Charline Colineau 18 salariés 840.000 € de CA en 2010 www.medialibs.com; 0 826 620 996