Les élections régionales approchent à grands pas. Et comme pour les autres échéances électorales, l'Union des entreprises du Morbihan a profité de son assemblée générale pour dresser un état des lieux de l'économie départementale. « Si les entreprises ne recrutent pas c'est qu'elles ont des difficultés à dégager des résultats. Le problème actuel est que l'on taxe beaucoup le travail avant les résultats », avance Joël Chéritel, président du Medef Bretagne présent aux côtés de Jean-Pierre Rivery, président de l'UE 56.
Le poids de la dette française
Et les représentants du patronat breton de s'inquiéter de la situation actuelle de la France : Nous avons une dette de 2.100 Md? quand l'économie produit 2.200 Md?. Vous avez vu une entreprise où la dette est égale au produit. Le banquier dit alors stop. » Pour les chefs de file du patronat, l'Etat et ses .composantes doivent se préparer à être économes dans la dépense publique et « être gérées comme des entreprises ».
Frémissements de l'économie
Et les entreprises justement, comment se portent-elles ? Jean-Pierre Rivery a brossé un large tour d'horizon avec des constats divers. « Nous sentons un vrai frémissement dans la métallurgie où les carnets de commandes sont bons. » Et le président de l'UE 56 de nuancer ses propos concernant le bâtiment et les travaux publics, particulièrement chahutés : « 70 % de leur chiffre d'affaires provient des collectivités. » Sur le plan du moral, un récent baromètre piloté par le Medef 56 atteste d'un manque de confiance en l'avenir des dirigeants.
Rencontre avec les candidats aux régionales
En attendant, leurs représentants se feront leurs portes-paroles auprès des candidats aux élections régionales. Une rencontre est prévue prochainement et le Medef ne viendra pas les mains vides. « Nous rencontrerons les candidats sur une demi-journée. A cette occasion, un livre blanc réunissant ce que les branches du Medef breton ont appelé « les huit priorités pour la Bretagne. » Toutefois, si les patrons ne nient pas le rôle de la Région en matière économique, ils relativisent aussi ses aides qui « sont des avances remboursables. Or aujourd'hui, l'argent est moins cher et permet le recours à l'emprunt. » De même, ils souhaitent que la Région « soit le chef de file des collectivités et que les départements arrêtent de jouer un rôle dans l'économie. »
Ségolène Mahias
Le Medef entend s'inviter dans le débat politique. En ligne de mire : les régionales mais aussi une volonté de voir une gestion plus vertueuse des finances publiques.