Très rapidement, le groupe Méaban devrait réaliser 50% de son chiffre d'affaires à l'étranger. Contre 35% aujourd'hui. C'est ce qu'ambitionne Frédéric Lescure, le P-dg de cette «micro-multinationale», comme il la qualifie lui-même. Cet objectif sera facilement accessible grâce aux rachats successifs de partenaires Nord-Américain comme MagChem, Dysol et Dynamold. Et plus récemment de Babb Co à Plaisir (78). En intégrant cette dernière à la holding en décembre dernier, Méaban complète son offre de solutions chimiques et techniques de l'amont à l'aval.
Nouveaux marchés vers l'énergie
En effet, Babb Co (six millions d'euros de chiffres d'affaires, 31 salariés) s'est fait une spécialité des solutions de contrôles non destructif. Un terme un peu complexe qui désigne un fluide fluorescent permettant de distinguer les éléments fragilisants d'une structure. Une fois immergée dans un bain de contrôle, une ailette de moteur d'avion révèle ses failles et ses faiblesse. En ajoutant ainsi le contrôle au nettoyage, au traitement et à la préparation de surface, Méaban tend à maîtriser l'intégralité de la chaîne. Outre le renforcement du marché aéronautique, qui pèse pour 70% de l'activité, Babb Co ouvre également de nouvelles voies. Celles de l'énergie et du nucléaire. «Babb Co est déjà très présent dans le contrôle non destructif de pièces de réacteurs électriques, nucléaires et de plateformes pétrolières», complète Frédéric Lescure. Si Babb Co réalise aujourd'hui 20% de son chiffre d'affaires à l'international, l'appui de la holding devrait lui permettre de concrétiser ses ambitions. «Et comme avec la filiale Socomore, mettre Babb Co sur la planète monde», indique le P-dg. Pour soutenir ces développements, Frédéric Lescure a réalisé une augmentation de capital de trois millions d'euros au total fin 2011 aux côtés de CM-CIC Capital Finance, nouvel actionnaire.
Diversification dans l'industrie pharmaceutique
Alors que l'outil de production de la filiale Socomore doit déménager avant le mois de juin à Elven, dans la nouvelle usine zone du Gohélis, Méaban réinvestit dans son établissement vannetais. «Nous étions prêts à vendre le site l'an dernier», assure Frédéric Lescure. Et puis Contec, partenaire américain avec qui Méaban a signé une joint-venture en 2008, propose d'installer en France le site de production européen de référence en matière de produits stériles à destination de l'industrie pharmaceutique. Un nouveau marché pour Méaban qui saisit l'opportunité d'une diversification. «Seront produit ici des lingettes, des produits en vrac et préimprégnés emballés de manière à garantir leur stérilisation», indique Clarisse Lesage, responsable marketing. «Ces produits serviront ensuite à nettoyer les chaînes de fabrication de médicaments.» L'industrie pharmaceutique étant de plus en plus réglementée et contrôlée, Méaban joue ici son savoir-faire en matière de solutions critiques et homologuées. Avec des produits qualifiés et certifiés. Par conséquent, une nouvelle enveloppe sera consacrée au réaménagement du site de la zone du Prat pour y installer les lignes de production.
«Comme dans un train fantôme»
Frédéric Lescure l'avoue aujourd'hui, il avance en tâtonnant. Le carnet de commandes de Socomore se mesure à seulement dix jours. «C'est comme dans un train fantôme, on espère toujours qu'on réussira à prendre le prochain virage», évoque-t-il. «Avant la crise violente de 2008, notre luxe était d'avoir de la visibilité sur les commandes.» Pour autant, le P-dg de Méaban ne navigue pas à vue. L'année 2011 était selon lui «exceptionnelle» et renoue enfin avec la croissance après deux ans «de gueule de bois» avec des pointes à - 40 % de chiffre d'affaires. Il sait aujourd'hui ce qui l'attend. Le marché de l'aéronautique est en plein boom, et affiche des cadences de production d'avion du simple au double. «En 2016, il y aura quatre fois plus de surfaces d'avion à traiter qu'en 2008», calcule Frédéric Lescure. «Les avions seront plus nombreux et plus gros». Airbus, principal client de Méaban doit construire quasiment quatre A380 par mois d'ici à quatre ans et 42 A320. Pour Méaban, c'est autant de surfaces à préparer, nettoyer, traiter. «Un début de corrosion sur une porte de voiture, ce n'est pas grave. Juste gênant. Sur un avion, c'est autre chose. Tout est critique.Préparer la surface d'un A380 pour y coller un hublot doit être parfait. Si le hublot tombe en plein vol, il n'y a plus d'avion...» Le droit à l'erreur ou à la négligence n'est pas permis. C'est pourquoi les produits fabriqués par le groupe Méaban sont assurés en responsabilité civile 100 millions de dollars.
Groupe Méaban
(Vannes) P-dg : Frédéric Lescure Effectif : 130 personnes Chiffre d'affaires consolidé 2011 : 20 millions d'euros
Tél. : 02 97 43 76 90.