Market Innov Tech : Lever des fonds ou disparaître
# Industrie # Investissement

Market Innov Tech : Lever des fonds ou disparaître

La petite industrie agroalimentaire MIT à Limerzel, spécialisée dans la frite surgelée, est en quête de fonds pour assurer son développement.

Président de MIT, Yves Martin-Laval ne veut pas qu'on lui parle d'échec. Sa frite surgelée légère, Fritelight, a fait un flop sur le marché. C'est un fait. Pour autant, l'homme n'est pas du genre à baisser les bras et à ne pas se remettre en question. Son ambition? Faire du nouveau concept des frites vite cuites au four un produit phare.




Changement de stratégie

À Limerzel, MIT s'accroche dur comme fer à son innovation et entend bien relever le défi de la croissance. Après une tentative catastrophique de développer sur le marché un produit de niche tel que la frite légère en friteuse, Yves Martin-Laval s'est rendu à la raison: pour exister dans l'agroalimentaire, il faut faire du volume. «Huit nouveaux produits sur dix se plantent en grande distribution», lui a indiqué un membre du réseau Egée, pour l'accompagnement des entreprises. «Pour la grande distribution, il faut aller sur un créneau standard et jouer sur une concurrence frontale», a-t-il compris. Face à lui, donc, le géant américain McCain. Grâce au travail de deux élèves ingénieurs durant six mois, et à 90.000€ d'investissement (subventionné à hauteur de 28.000€ par Oséo et la Région), la nouvelle frite au four ?Vite des Frites!? est au point. Au lieu des 15 minutes de cuisson habituelle, celle-ci ne nécessite que six minutes au four. Elle est également protégée par un brevet. Une quinzaine de recettes est disponible, mais pour l'instant trois sont en test dans trente hypermarchés depuis fin juillet. «Cette fois-ci le produit marche bien», souligne Yves Martin-Laval. «Nous avons dû réapprovisionner certains magasins.» Mais MIT a besoin d'investir dans du matériel supplémentaire qui permette de produire 1.500 tonnes de frites par an. 400.000 € sont nécessaires rapidement. Premier enjeu: le référencement dans de nouveaux magasins. «Une levée de fonds est indispensable pour transformer l'essai», ajoute le chef d'entreprise. À terme, MIT a besoin de 2,5M€ pour se déployer au niveau national. Quelques bons contacts avec des fonds d'investissements et des réseaux de business angels ont été pris. Une autre option serait d'adosser MIT à un industriel qui aurait déjà l'outil de production. Une approche a déjà été faite auprès d'une filiale d'un géant de l'agroalimentaire morbihannais. «Mais quel serait l'intérêt pour eux de préserver les ressources humaines de l'entreprise?», s'interroge Yves Martin-Laval.




MIT à Limerzel. Effectif: 8 personnes. Tél.: 02.97.66.15.15.

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