Dans la petite commune d'Ourton, près de Divion, les clients qui poussent pour la première fois la porte du magasin de motoculture ne manquent jamais d'être surpris. Car ce qu'ils voient émerger derrière les piles de machines automotrices prêtes à vrombir, c'est une charmante tête blonde, des yeux marron pétillants et des mains parfaitement manucurées, le tout affairé dans un local vitré qui sert de bureau au gérant des lieux. Il s'agit de Marie-Christine Augait, gérante de la Sarl MCATP, une société divionnaise de transport routier de proximité. Ce magasin de motoculture est celui de son mari. Elle en emprunte parfois le bureau pour effectuer quelques tâches administratives. Il faut dire que le dada de Marie-Christine Augait, ce n'est pas la motoculture mais le transport routier.
Un rebondissement de carrière
C'est dans le transport routier, un secteur habituellement jugé masculin, que cette maman de trois garçons s'épanouit pleinement depuis quatre ans, déjà. Ses secrets? Un caractère bien trempé. Le goût du travail et la volonté de prendre sa revanche sur la vie. Entrée dans la vie active en 1981 comme secrétaire administrative dans une clinique, Marie-Christine Augait est aujourd'hui à la tête d'une entreprise de transport, la Sarl MCATP, qu'elle a créée en 2005. De salariée d'une clinique à chef d'entreprise d'une société de transport, il y a tout un monde et de nombreuses difficultés qu'a franchies une à une cette entrepreneuse à la suite d'un licenciement survenu en 2004.
Un développement satisfaisant
Après quatre années passées à la tête de cette société, Marie-Christine Augait est satisfaite de la façon dont les choses évoluent. Elle emploie aujourd'hui trois chauffeurs et réalise un chiffre d'affaires de près de 200.000euros. «J'envisageai d'acheter un quatrième camion cette année et donc de recruter un autre chauffeur», explique cette chef d'entreprise avant d'ajouter: «Mais avec la crise, je préfère repousser un peu l'agrandissement du parc automobile». En attendant, la gérante garde le moral et prospecte: «Malgré la crise, on ne peut pas être pessimiste tous les jours. Je trouve que garder le moral fait partie des devoirs du chef d'entreprise.»
Une question de caractère
«En mai2004, j'ai appris que j'étais licenciée pour motif économique. Pour moi, c'était un véritable coup de massue. Tout est parti de là». Déboussolée, Marie-Christine Augait entend un jour parler de la capacité de transport, qui permet d'ouvrir une entreprise dans ce secteur d'activités. Elle le voit aussitôt comme un challenge à relever. Une manière de retrouver à la fois une activité et l'estime de soi. Elle s'inscrit et le parcours du combattant commence. Pendant 6 semaines, elle part loin de chez elle du lundi matin au vendredi soir. À l'époque, ses trois garçons ont 16,12 et 8 ans. «Je me souviens que j'ai ressenti une grande culpabilité, mais j'ai tenu bon.» C'est donc grâce à sa pugnacité que Marie-Christine Augait a réussi à prendre ce virage. «Mais vous savez, avec quatre hommes à la maison, je n'ai pas le choix, je dois savoir faire preuve de caractère!», lâche-t-elle en riant. Elle ajoute, plus sérieuse: «Selon moi, le caractère c'est quelque chose qui fait partie intégrante du chef d'entreprise». Les efforts fournis par Marie-Christine Augait ne sont d'ailleurs pas restés sans récompenses puisqu'elle a été primée via la CCI de Béthune en tant que femme chef d'entreprise en 2007.
À la tête d'une entreprise divionnaise de transport routier de proximité, la Sarl MCATP, Marie-Christine Augait garde confiance malgré le contexte difficile. Il faut dire qu'elle n'en est pas à son premier défi, elle qui a su s'imposer dans un univers considéré comme plutôt masculin.