Marfret est indissociable de la Cité phocéenne. Par son nom de baptême tout d'abord (Marseille Fret), par le nom de certains de ses navires (Marfret Méjean, Marfret Niolon, Marfret Sormiou...), ensuite et enfin par le port d'immatriculation de ses navires. Mais si la compagnie, installée quai de la Joliette, face aux grilles du Grand port maritime de Marseille, revendique son territoire, elle a depuis les années 1980 quitté les eaux fermées de la Méditerranée et développé des lignes régulières sur l'ensemble du globe. Présente dans une trentaine de pays, Marfret compte aujourd'hui une soixantaine de ports d'escale. Elle rivalise ainsi avec les plus grandes compagnies maritimes dont les navires sillonnent les mers. «Nous sommes véritablement une PME dans un monde de géant et nous avons fait la preuve qu'une entreprise à taille humaine pouvait trouver sa place dans ce secteur. Depuis les années 1950, nous avons prouvé notre crédibilité, notamment en constituant une flotte en propre. Nous possédons aujourd'hui huit navires. La différence essentielle repose sur le service que nous apportons à nos clients. Chez nous, les réservations se font par de petites quantités. D'un à deux conteneurs à la fois. Nos équipes doivent posséder une bonne connaissance des clients et des destinations. Quand un client nous téléphone, il ne tombe pas sur une boîte vocale», explique Raymond Vidil, P-dg du groupe Marfret.
Du tramping à la ligne régulière
Le groupe a vu le jour en 1987. À cette date ont été séparées les activités de Marseille Fret et de Marfret. Marseille Fret a été positionnée sur l'activité d'armement de navires et Marfret s'est lancée dans le métier d'opérateur maritime. Jusque-là Marseille Fret, créée par Claude Vidil et Pierre Giraud en 1951, s'occupait essentiellement de transport maritime en Méditerranée, vers l'Afrique du Nord et la Corse. «Nous faisions alors du tramping (transport maritime à la demande, ndlr). Au début des années 1980, nous avons commencé à développer l'activité de ligne régulière et nous avons ensuite créé Marfret pour développer cet axe et mettre en place des dessertes au-delà de la Méditerranée», rappelle Raymond Vidil.
Cinq lignes principales
Aujourd'hui, Marfret propose cinq lignes régulières sur lesquelles la compagnie a positionné ses navires. «Nous assurons toujours la liaison avec l'Afrique du Nord depuis Marseille. Sur cette ligne nous exploitons deux navires (le Niolon et le Méjean), un roulier et un porte-conteneurs. Cette destination a été secouée en 2009, par les grèves du port et par les modifications des règles d'importation en Algérie», souligne Raymond Vidil. À cette liaison, s'ajoute une ligne entre la Méditerranée et les Antilles. Les autres dessertes relient le nord de l'Europe avec les Antilles, l'Amazonie et le Pacifique. «Il existe une très large offre de lignes régulières. La ponctualité, les délais, les prix et le service direct sans transbordement font la différence avec la concurrence. Nous avons notre propre flotte, mais nous partageons également des espaces sur les navires d'autres armateurs. Nous travaillons surtout avec CMA-CGM, Maersk et Happag-Lloyd. Cela permet d'améliorer l'effet fréquence...» Les clients de Marfret sont essentiellement les transitaires. La commercialisation des espaces sur les navires est opérée par un important réseau d'agences en propre, en France, mais également en Algérie, aux Antilles ou en Italie. «Ailleurs, nous sommes représentés par des agents maritimes, comme au Venezuela ou en Espagne».
Alors que vient de sortir une bande dessinée retraçant les premiers pas de Marseille Fret, Marfret, figure originale dans le monde maritime, est restée une entreprise à taille humaine. Une échelle qui lui a permis de mieux résister à la crise que d'autres compagnies plus importantes.