La guerre fait rage dans le commerce rennais entre Google et Mappy. Les deux concurrents se sont lancés dans des campagnes de digitalisation des enseignes indépendantes, pour ajouter du contenu à leurs solutions de cartographie et d'imagerie des villes. Rennes n'échappe pas à la règle.
« Carrefour d'audience »
L'objectif est clair : offrir à l'internaute la possibilité de pousser la porte des commerces de chez soi, derrière son écran, pour donner envie de se rendre sur place. « Plus de 78 % des utilisateurs cherchent des produits sur internet avant de se rendre en magasin. Il s'agit d'un phénomène majeur et le commerçant a plutôt intérêt à mettre en ligne un maximum de référence. Nous leur proposons d'utiliser un carrefour d'audience représentant un million de visites par jour », souligne Bruno Dachary, DG délégué de Mappy, le « service 100 % français » (85 salariés), du même groupe Solocal que les PagesJaunes. Mappy vient d'achever mi-novembre une campagne de prises de vues immersives d'un mois dans le centre-ville rennais, soit 1.100 commerces écumés (hors banques, chaînes, administrations, armureries, sex-shop...). Une première pour la capitale bretonne. « Nous bouclons 60.000 visites de commerces en France », indique le représentant de Mappy qui en a références 10.000 à ce jour sur son site. Tous n'acceptent pas. L'offre est pourtant alléchante et le discours bien rodé : internet, un ami plutôt qu'un ennemi ! Un photographe et son agent commercial débarquent de Paris. Ils visitent les commerces quartier par quartier, laissant flyers et cartes de visite. Le bouche-à-oreille entre commerçants fait le reste. « La communication, ce sont toujours des budgets importants. Là, c'est gratuit et c'est une bonne idée », se réjouit la gérante de cette chocolaterie rennaise. D'autres photographes locaux sont souvent appelés en renfort mais, ne disposant pas tous du même matériel (un appareil giroptique), la qualité n'est généralement pas constante. Une fois en ligne, les surprises apparaissent...
Google aussi
Chez Google, on revendique cette qualité, photos de comparaison à l'appui. « Ce n'est pas la même prestation, pas le même service, pas le même intérêt, pas la même visibilité... donc pas le même coût », confie-t-on chez Google. La firme fait appel à des locaux comme Quentin Barbré, gérant de Visit'n Go installé à Rennes (notre édition d'octobre). Face au géant américain, le petit Poucet tricolore se bat avec ses armes. Son principal argument : la gratuité. Quand il faut débourser environ 450 euros pour apparaître sur Google Maps Business View, il n'en coûte rien au commerçant sur Mappy. En tout cas, pour la version de base... L'un comme l'autre proposent ensuite des options payantes, notamment pour le référencement et donc la visibilité, qui reste le nerf de la guerre. « Nous sommes au début de l'aventure... », selon ces acteurs.
Géry Bertrande
Web Mappy vient d'achever une campagne de prises de vues chez les commerçants, alléchés par un service concurrencé également par le géant Google.